Tout en couvrant la manifestation anti FMI à Istanbul…

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Cette image n’a rien d’un cliché volé. C’est sans la moindre discrétion, sous les yeux de passants qui n’apprécient pas forcément de telles pratiques, que cette journaliste dévoile les siens à un policier. Prise en flagrant délit de copinage avec les forces de l’ordre, par un(e) de ses confrères, qui comme elle, couvrait les manifestations anti-FMI à Istanbul, le mélange des genres ne semble lui poser aucun problème.

On comprend comment certains peuvent parfois légitimement trouver suspect que vous preniez des  photos.

J’étais à Yüksekova, dans la province kurde d’Hakkari, lors des dernières élections législatives en juillet 2007. Chez mes amis nous suivions la soirée électorale à la télévision. C’était le suspens, les résultats d’Hakkari sont arrivés très tard dans la nuit, les derniers du pays. Et ils n’étaient que provisoires. Quelques jours plus tard, les bulletins de « la frontière » –  ceux des Turcs de l’étranger autorisés à voter aux frontières et dont les voix avaient  eté dispatchées sur toute la Turquie – ont fait basculer le score. Les indépendants  pro kurdes  (futur groupe DTP) ont perdu un siège au détriment de l’AKP. La province d’Hakkari est donc représentée au Parlement par 2 députés AKP et 1 DTP.

Cependant vers 22 heures, l’élection du candidat Hamit Geylani  (pro kurde) était assurée. A cette nouvelle, il y a eu explosion de joie dans la ville. Evidemment j’ai voulu voir ça de plus près et je suis allée me mêler à la foule avec un copain. Comme partout ailleurs lors d’une victoire électorale, des voitures et des camionnettes pleines de sympathisants en liesse faisant le V de la victoire, tournaient dans la ville.

Ce geste universel est en Turquie le signe du ralliement des sympathisants du DTP et il s’accompagne souvent de slogans en faveur d’ Abdullah Ocalan, le fondateur du PKK. Etre accusé d’avoir fait ce signe, peut alourdir la peine des gamins kurdes jugés pour avoir lancé  des pierres contre les forces de l’ordre .

Ca faisait 15 ans que la province d’Hakkari n’était plus réellement représentée à Ankara. Aux précédentes législatives, en novembre 2002, le parti pro kurde avait rassemblé la majorité des suffrages. Mais comme il n’avait évidemment pas pu franchir le barrage de 10%, imposé à un parti pour entrer au Parlement, les élus de la province n’étaient pas les candidats ayant récolté le plus de voix.

La ville de Yüksekova était donc  en liesse ce soir là.  Bien sûr  j’ai pris des photos. Et en voyant mon objectif, les occupants des véhicules se montraient encore plus enthousiastes.

Par contre d’autres dans la foule s’inquiétaient de ma présence. Des gens sont venus interroger le copain qui m’accompagnait. Qui étais-je? J’ai entendu le mot « polis? ». Apprendre que j’étais française a suffi à les rassurer. Mais j’étais tellement embêtée, que je leur ai même montré mon passeport, ce que personne ne me demandait.La méfiance n’allait quand-même pas jusque là.

« Cek, Cek »- (continue à prendre des photos). Ils m’encourageaient même à le faire. Mais j’ai préféré arrêter.

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