Une perle noire pour « iki dil bir bavul »et « 11’te 10 kala »

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S’il y a une chose qui me ravit, c’est bien découvrir des correspondances imprévues  entre des personnes, des événements, des lieux que le hasard des rencontres sèment sur les chemins de la vie. La Polynésie comme la Turquie m’ont d’ailleurs gâtée.

Je viens de découvrir que le film Iki bil bir bavul (deux langues une valise), a aussi été récompensé  d’ un trophée de la perle noire, le 17 octobre dernier,  au MEIFF ( Middle East International Film Festival),le  festival du film d’Abu Dhabi, dans les Emirats Arabes Unis.

La perle noire du trophée a été offerte par Robert Wan,le plus puissant producteur de perles noires de Tahiti. Le nom du roi de la perle noire est connu de tous dans les îles. Avec Gaston Flosse , le très fortuné  ex  insubmersible Président du territoire,  il est connu pour être l’homme le plus riche de Polynésie française.

On disait qu’il organise des fêtes somptueuses, auxquelles sont conviées les plus jolies filles de Tahiti, dans ses résidences privées. Je ne doute pas que les fêtes de Robert Wan soient luxueuses. A  l’occasion de l’anniversaire d’une amie, une petite fille du dernier roi Pomare, des invités, riches producteurs de perles avaient apporté des caisses de champagne en cadeau. Même si à Tahiti on adore les bulles, que les femmes des familles aisées de l’île où je vivais,  savourent  assises dans l’eau du lagon le dimanche sur le motu (îlot coralien), il faut quand même avoir des revenus exceptionnels pour en offrir des caisses entières en cadeau d’anniversaire.

 

Une autre réalisatrice turque, Pelin Esmer s’est aussi vu offrir une perle noire pour son film 11’te 10 kala (de 11 à 10) .

Je n’ai pas vu ce film, une fiction cette fois. Par contre j’avais adoré Oyun (La ronde), un fim  documentaire que j’ai vu à l’occasion d’un festival. Là aussi, on retrouve un instituteur. Celui-ci  aide un groupe de villageoises oghouz de la région de Mersin, dans le sud de la Turquie, à monter une pièce de théatre à travers laquelle elles mettent en scène leurs propres vies. Ces femmes sont extraordinaires d’énergie. Et même si elles dénoncent allègrement et avec drôlerie  le machisme des hommes dans leur pièce, c’est difficile, quand on voit ce film, de penser que la femme anatolienne est une femme de nature soumise.

Même s’il n’est pas dans ses habitudes de « chaper « de la famille, pour aller faire la fête quelques jours, elle partage au moins la même verve avec la mama tahitienne.

J’avais vu ce film avec des amis turcs dans un cinema français, et seule notre rangée avait éclaté de rire lorsqu’un bout de femme, marrante comme tout, et encore davantage dans cette scène, avec  son déguisement d’homme et sa fausse moustache, déclare sur un ton solennel  : « Ma vie est une tragédie ». C’est un fait que sa vie n’était pas parsemée de roses, mais elle avait une bouille vraiment drôle pour une héroine de tragédie. Le public français de la salle n’avait pas été sensible à l’humour de la situation.

(lien vers la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=L-RHHU8ouGA  )

 

Ainsi les trois réalisateurs ont rapporté un peu du lagon polynésien en Turquie, à leur retour du festival d’Abu Dhabi, avec leur perle aux reflets verts, violets ou grisés, selon le lagon (d’île haute ou d’atoll) où elle est née.

 

 

 

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