9 ans de prison pour le lieutenant donneur de leçon.

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Un tribunal militaire vient de condamner le lieutenant Mehmet Tümer à une peine de 9 ans et deux mois de prison, et à une amende de 4300 YLT (2000  euros environ) . « Sadece », seulement, ajoute la presse turque .  Le 17 Août dernier, à Elazig, l’officier avait provoqué la mort de 4 appelés, pour avoir voulu donner « une leçon » à Ibrahim Öztürk, un soldat qui s’était endormi pendant une garde, l’obligeant à tenir une grenade dégoupillée. Le lieutenant était resté sourd aux suppliques du jeune homme de cesser ce jeu sadique et la grenade avait fini par exploser, le  tuant en même temps que trois de ses camarades.

L’avocat du jeune officier a demandé  aux juges de tenir compte du manque d’expérience de son client – officier depuis 2 mois – qui aurait préféré « donner une leçon »  plutôt que  « frapper son soldat et attenter à son honneur ».

C’est le rôle d’un avocat de défendre son client. Mais c’est un peu étonnant qu’un officier, même encore inexpérimenté, puisse ignorer qu’un soldat ayant commis une faute peut être mis aux arrêts. Et qu’on n’est pas obligé de le frapper pour ça. Ce serait d’ailleurs étonnant que tous les officiers turcs usent de ce genre de méthodes.

Certes, la modernisation de l’armée turque avait pris essentiellement pour modèle l’armée prussienne, connue pour infliger des punitions corporelles à ses hommes, mais c’était au 19 ème siècle. Même dans la légion étrangère, où pourtant ça ne rigole pas,  on ne frappe pas un soldat.

« L’entrainement est plus dur dans la légion, mais les hommes sont respectés, ils ne sont pas frappés », m’avait répondu un légionnaire d’origine turque à qui j’avais demandé ce qui était le plus dur « la légion ou l’armée turque? » Cela étant, il avait accompli son service militaire peu avant le coup d’Etat de 1980 et la Turquie a changé depuis …

C’est certain que  la méthode employée par le lieutenant est efficace. Le jeune appelé n’est pas prêt de recommencer (et ses  trois copains pas prêts de suivre son exemple). On imagine que les jours qui ont suivi, les survivants devaient péter de trouille à l’idée de s’endormir pendant une garde. De quoi les tenir éveillés.

Au moins, les jeunes officiers inexpérimentés qui ne l’auraient pas compris tout seul, et refuseraient d’écouter les mises en garde de  sergents moins inconscients qu’eux,  sauront qu’il vaut mieux éviter de jouer ainsi avec la vie de leurs hommes. Même pour faire oeuvre pédagogique. Et  les familles des victimes  auraient  peut-être été un peu soulagées de voir que la mort de leur gosse n’est pas restée  impunie, comme la première version  qui leur avait été donnée de la cause de ce décès (un accident au cours d’une opération) pouvait le laisser  présager … si elles n’en avaient pas trouvé bien faible le prix.

Quant au lieutenant il peut éventuellemen se consoler, en se disant que s’il avait eu 15 ans à Diyarbakir – d’où la famille de l’appelé auquel il a fait subir ce supplice est originaire –  et qu’il avait joué à jeter des pierres sur des véhicules militaires … c’est du double de peine qu’il aurait pu écoper.

 

 

 

 

 

 

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