Diyarbakir : 10 ans de prison pour (être ?) la petite fille d’Ahmet Türk

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Ruken Türk, étudiante en première année de mathématiques à l’université de Diyarbakir vient de se voir infliger une peine de 9 ans et 7 mois de prison pour avoir participé à une manifestation illégale. Or des manifestations légales, il ne doit pas y en avoir beaucoup dans le coin. C’est plutôt un privilège réservé  aux manifestations pour la laicité ou aux associations de familles de martyrs.

L’étudiante avait participé à une marche de protestation organisée après que Mahsum Karaoğlan (21ans), un de ses amis, lui aussi étudiant en mathématiques,  ait été tué par la police alors qu’il participait à des « festivités » organisées  en avril dernier pour les 60 ans d’Abdullah Ocalan, le fondateur emprisonné du PKK. Quelque soit l’opinion qu’on puisse avoir du culte de la personnalité dont Ocalan fait l’objet, ce n’est quand même pas difficile de comprendre que les amis de l’étudiant aient été boulversés qu’il se soit fait tuer pour avoir voulu planter quelques arbres.

Mais la jeune fille a été déclarée coupable du crime de soutenir une organisation terroriste, sans en être membre, ainsi que de propagande, toujours au profit d’une organisation terroriste.

Ce dont elle se défend. Elle était seulement très malheureuse d’avoir perdu un ami proche en de telles circonstances. Et elle assure  n’avoir jamais fait de propagande pour quelque organisation que ce soit, le PKK n’ayant pas besoin d’elle pour ça.

 

Outre de mal choisir ses amis, est-ce que le tribunal de Diyarbakir ne ferait pas payer très chèrement à Ruken le fait d’être la petite fille d’Ahmet Türk,  l’ancien président du DTP, le parti kurde qui vient d’être dissous ? Presque le même jour son grand-père auquel la cour constitutionnelle vient d’interdire toute participation à la vie politique pendant cinq ans, était lui aussi convoqué par un tribunal d’Ankara , accusé à peu près des mêmes crimes que ceux dont sa petite fille vient d’être déclarée coupable.

 

Le ministère des sports quant à lui a décidé de participer d’une autre façon à l’ouverture démocratique, en initiant aux plaisir du ski  des tas atan çocuklari,  des gosses kurdes dont un des sports favori est de jeter des pierres sur la police. C’est une initiative plus sympa que de les envoyer se parfaire leur éducation politique en prison. Et au moins ça les fera sortir des cafés internet.  Mais le ski risque de rester assez impuissant contre les pierres, tant que ces enfants auront de la justice, l’image que ces juges veulent lui donner.

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