Le réalisateur Sinan Çetin appelle les députés à se dépêcher de terminer la guerre

 

L‘ouverture de l’exposition consacrée au 90 ème anniversaire du parlement  turc a été  marquée par le discours choc du réalisateur Sinan Çetin. En Septembre dernier,  le cinéaste  avait  déjà exprimé son  soutien inconditionnel  à la politique d’ouverture aux Kurdes enclenchée par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qualifiant même ce dernier de héros pour son courage  et promettant de voter pour lui s’il parvenait à régler la question.

S’adressant cette fois à l’ensemble des parlementaires, il leur a demandé de se mettre au travail et de consacrer un peu plus d’energie à tenter de trouver une solution au conflit  qui n’en finit pas à sur la frontière orientale du pays. Il a évoqué un échange qu’il avait  eu dernièrement avec un interlocuteur allemand. Celui-ci lui demandant si la guerre était terminée dans son pays, il lui avait répondu « Mais de quelle guerre me parlez vous? Ce sont nos propres enfants que nous tuons sur la frontière. Jusqu’ici la Turquie a été incapable de régler ses propres problèmes ».

Et de demander aux parlementaires de  prendre le problème à bras le corps pour régler cette question le plus rapidement possible. Sa solution dépendant  d’eux seuls parce qu’il n’y a aucun pouvoir supérieur aux leurs dans le pays, a-t-il ajouté.

Sinan Çetin se tourne vers Deniz Baykal, le dirigeant du CHP, qu’il affirme aimer beaucoup, n’arrivant pas à croire qu’un homme ayant autant de coeur, puisse appeller à  continuer la guerre et désirer que l’on tue davantage de ses propres compatriotes.

Evidemment le terme de compatriotes n’est pas une appellation très familière pour qualifier ceux qui ont rejoint les rangs du PKK dans la montagne. Mais pour le réalisateur les « ennemis intérieurs » ça n’existe pas. Ces propos risquent de fortement déplaire à certains.

 

 

Son film  Propaganda (2000), dont l’action se situe en 1948 sur la frontière turco syrienne , dénonçait avec humour l’absurdité des frontières. Celle qui venait d’être tracée entre la Turquie et la Syrie avait divisé le village des protagonistes du film en deux. Le film avait connu le succès dès sa sortie en salle, en Turquie, mais aussi en Allemagne, pays de forte immigration venue de Turquie et où le Mur de Berlin venait de tomber.

 

C’est l’inoubliable Kemal Sunal , dont c’était un des derniers rôle – il mourra quelques mois après le tournage – qui jouait le personnage de Mehdi, le douanier qui apporte « les bienfaits » de l’Etat et de la douane  aux villageois.

 

Les inconditionnels de Sezen Aksu, qui a composé la musique du film, peuvent retrouver la chanteuse ici

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