Hrant Dink : » On ne fait pas de mal aux colombes ».

« Nous sommes deux peuples malades », disait Hrant Dink, » le peuple arménien est malade, le peuple turc est malade. Qui peut les guérir? Les parlementaires français? Le Sénat américain? Non.  Seuls les Turcs peuvent soigner les Arméniens, et seuls les Arméniens peuvent soigner les Turcs. Il n’existe pas d’autres remèdes ».

C’est pour avoir écrit des lignes en ce sens, que Hrant Dink sera condamné par un tribunal d’Istanbul pour insulte à la nation turque,  en vertu de l’article 301 et vilipendé par des médias déchaînés, avant d’être assassiné devant le siège de son journal Agos.

Mais dans le  dernier texte qu’il avait envoyé au journal Radikal quelques jours avant son assassinat, Hrant Dink explique lui même le processus qui y conduira.

Il se savait en danger, avait peur,  mais il lui était impossible de partir : « dans ce pays les gens ne font pas de mal aux colombes » écrivait-il. Malheureusement, ce sont souvent les colombes que les salauds assassinent. Martin Luther King, Gandhi ,Yitzhak Rabin, sont tous morts assassinés.

En Turquie, Uğur Mumcu, Ahmet Taner Kışlalı , Abdi İpekçi, Çetin Emeç, Muammer Aksoy, Bahriye Üçok,  Cihan Hayirsevener (assassiné en décembre dernier) pour ne  citer qu’eux, n’étaient pas des fascistes appelant au meutre non plus. Et aucun éditeur ne leur a jamais proposé de pont d’or pour raconter leur vie, comme cela aurait été fait à  Mehmet Ali Ağca, le militant d’extrême droite qui avait assassiné le journaliste de Milliyet Abdi Ipekçi puis tenté d’assassiner le pape. Il vient d’être libéré après 29 années passées derrière les barreaux, dont seulement 10 pour l’assassinat d’Abdi Ipekci (et malgré une évasion qui l’avait conduit à Rome).

Mais il est plus facile de les tuer que de les faire taire.

Plusieurs ouvrages vont permettre aux lecteurs français de mieux faire connaissance avec les écrits de Hrant Dink.

Deux peuples proches, deux voisins lointains  (éditions Actes Sud),  un ouvrage préfacé par son collaborateur au journal Agos et ami proche, Etyen Mahçupyan.

Et à paraître en février :

Chroniques de Hrant Dink ( Galaade éditions) et que  Marie-Michèle  Martinet, traductrice de ces chroniques avec Haldun Bayrı, évoque sur son blog.

A Paris (mairie du 9 ème ) le  27 janvier, à 19 heures,

conférence : Hrant Dink, une voix toujours vivante

en  présence de Rakel Dink, la femme de Hrant, présidente de la fondation internationale Hrant Dink.

suivie d’un débat- Quelle liberté d’expression en Turquie après Hrant Dink?

(programme et adresse  plus détaillés ici)

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