Jeux et « talk shows » TV inspirent les humoristes de Turquie -(Bkm Mutfak et autres)

 

L’émission Izdivaç est l’équivalent turc  de Tournez manège. Des âmes esseulées espèrent y trouver le  conjoint de leurs rêves et leur quart d’heure de célébrité.  Mais dans  l’émission turque le public participe et prodigue conseils et avis. Il faut dire que le mariage est toute une affaire en Turquie. Et puis le dedikodu ( cancans) y est indissociable de ce genre de programme.

Naturellement, en Turquie aussi ces émissions ineptes  inspirent les humoristes.  Comme ce théâtre amateur de Semdinli (province d’Hakkari) de la vidéo.  Du théâtre bilingue en turc et en kurde, ce qui ne gêne personne. Le kaymakam (sous-préfet) et des fonctionnaires venus de l’ouest faisaient partie du public. Les Turcs qui vivent  dans cette petite ville kurde à la lisière des frontières irakienne et iranienne sont habitués au bilinguisme. Et certains d’entre eux font partie de la troupe d’ailleurs : on les reconnait à leur accent.

Izdivaç, la première partie du programme, est  essentiellement en turc. La candidate au mariage vient d’Izmir, elle a déjà été mariée deux fois et elle cherche un mari ayant une voiture et une maison à étage. Elle est vraiment mignonne non, avec sa petite moustache ? Les deux premiers prétendants sont deux villageois ayant un accent du coin à couper au couteau qui tranche avec le « parler pointu » du présentateur. En Turquie c’est comme en France, pas d’accents à la TV !  Quelques  répliques  sont en kurde, mais le jeu est si burlesque qu’on n’a pas besoin de tout saisir pour s’en amuser.  Et la version kurdo villageoise du sketch des Inconnus Tournez Ménage a l’air de plaire au public.

 

Ces émissions de divertissement et autres talk shows principalement destinés au public des femmes au foyer  (Kadin programi) sont aussi une des sources d’inspiration de la bande  Bkm Mutfak, qui produit un spectacle de cabaret dans une émission très populaire et que j’adore, çok güzel hareketler bunlar (Ils se remuent bien ceux là).

Dans le  sketch Kadin programi ( programme pour femmes) une jeune fille tente de présenter son petit ami à sa mère, accroc à son programme.  Celle-ci finit par décoller de son écran mais quitte la pièce en plantant les amoureux pour suivre son émission dans une autre pièce.  Le petit copain de sa fille découvre alors avec stupéfaction sa propre mère  sur le plateau de l’émission. Elle y est même l’invitée d’honneur, celle dont les autres participants doivent résoudre le problème.

Sauf que le problème expliqué avec force lamentations, est qu’elle se dit  délaissée par son fils qui aurait une liaison cachée avec une fille. Naturellement sur le plateau tout le monde ( c’est une femme très battue, un imam, une villageoise hystérique etc…) se mêle de ce faux problème.

Dans la 2nd partie, tous passent un savon au garçon joint par téléphone.Et une accroc de l’émission appelle le plateau à son tour pour invectiver la vilaine petite copine. Devinez qui…

Ce qui est sympa  avec ce genre d’émission, c’est qu’il suffit d’en regarder pour avoir un sketch quasiment tout prêt.

Yilmaz Erdogan, le réalisateur de çok güzel harektler bunlar, est présent parmi le public. L’humoriste, comédien, poète, réalisateur de cinéma, producteur etc… très populaire en Turquie est lui aussi originaire d’Hakkari, comme les comédiens amateurs de Semdinli.

 

 

 

 

la 2nd partie

 

 

 

La neige à Urfa, c’est plus magique que derrière les vitres d’un aéroport.

Urfa sous la neige (photo anne guezengar)

Non, ce ne sont pas des images d’actualité. En Turquie, cet hiver est plutôt celui du réchauffement climatique. On se baignait encore il y a peu à Bodrum. Et mi novembre, les températures y atteignaient 30 °.

De plus l’hiver est généralement clément à Urfa (16 °attendus ces jours ci !).   De telles chutes de neige y sont rarissimes. J’avais eu la chance d’être là, ce jour là.

Urfa sous la neige (photo anne guezengar)

La chance de découvrir Balikli göl, l’étang aux poissons, nimbé de ce voile magique  est donc extrêmement réduite, même pour ceux qui choisiraient de se rendre sur la terre natale d’Abraham en plein coeur de l’hiver.

Urfa sous la neige (photo anne guezengar)

Dommage. Urfa sous la neige c’est quand même plus poétique qu’un aéroport enneigé…non?

D’autres images d’Urfa enneigée sur un précédent billet : Kar kar, Urfa sous la neige…

Balade à Yüksekova – Partie 2 : jour d’émeute kurde pendant Ramadan.

magasins fermés - Yuksekova (photo anne guezengar)

Deux jours après mon arrivée à Yüksekova en août dernier, tous les magasins de la ville fermaient malgré Ramadan. 4 PKK avaient été abattus par l’armée. Le bruit courrait qu’il s’agissait d’un groupe qui quittait les zones de combats pour se replier sur Kandil avec l’annonce du cessez le feu du PKK. De nouvelles émeutes s’annonçaient.

 

Yuksekova enfants (photo anne guezengar) On prédisait dans le quartier que les affrontements habituels ne débuteraient que le soir, après la fin du jeûne. Le matin j’ai profité de ce répit pour aller photographier Yüksekova « ville morte » avec les enfants. En arrivant dans le centre, nous sommes tombés sur une bande de dizaines de gamins, criant des slogans à la gloire d’Apo, le leader du PKK. C’étaient les « petits ». Les plus âgés devaient avoir 12 ou 13 ans et les plus jeunes l’âge de fréquenter le jardin d’enfants. La vue de mon appareil photo les a mis en effervescence. Ils voulaient absolument être photographiés. Cette confiance m’a surprise. Mais ils doivent avoir l’habitude des journalistes. enfants jouant dans la rue à Yüksekova (photo anne guezengar)Certains sont venus papoter, curieux de savoir d’où je venais. Je n’avais pas l’intention de les photographier, mais j’ai fini par céder à leur demande, après avoir pris le conseil d’adultes, sans doute là pour les canaliser (et les empêcher de tout casser) et qui en tout cas ont réussi à les calmer, quand j’ai décidé la séance photos terminée..

 

 

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Chez Suleyman toutes les femmes s’affairaient dès le matin à préparer le repas d’iftar pour lequel des dizaines d’invités étaient attendus. Les adolescentes étaient excitées par l’ambiance électrique, qui assombrissait par contre la mère de Suleyman. « Grand- mère te dit qu’elle a le cœur plein de douleurs (agit) » m’a traduit du kurde une des filles. Quand à la nuit tombée, après le repas d’iftar, une centaine de Gençler du quartier ont défilé devant la maison, partant à l’affrontement avec la police en chantant la marche des guérillas, elle a entonné un agit (élégie) kurde déchirant.

C’est la première fois qu’elle entrouvrait ainsi un peu son cœur devant moi. Elle est originaire de Geçitli. La plupart des victimes de l’attentat qui visera ce village quelques semaines plus tard sont des parents à elle.

 

magasins fermés, yûksekova (photo anne guezengar)

Suleyman a profité de ce congé forcé pour nous emmener faire une longue balade dans Yüksekova et pour me montrer le quartier où il a grandi et qui a bien changé depuis. Une grande partie de la ville se compose de gecekondus (quartiers informels), pour beaucoup peuplés de réfugiés ayant reconstitué par quartier une partie de leurs villages détruits dans les années 90. Si bien qu’elle a l’importance démographique d’une ville moyenne (une centaine de milliers d’habitants probablement), mais conserve une allure de bourgade semi rurale : petites maisons à courette, chemins de terre, haies de peupliers, poules baladeuses. On croise même quelques vaches faméliques flânant dans les rues . « Burasi Indistan » « Voici l’Inde », avait un jour plaisanté un frère de Suleyman.

 

Au milieu de ces gecekondus se dressent quelques colossales demeures – aussi vastes qu’un immeuble de plusieurs étages – propriétés de certaines des quelques non moins colossales fortunes que recèle cette ville, plaque tournante de tous les trafics imaginables et notamment de l’héroïne (toz). A Yüksekova comme ailleurs, les inégalités sont croissantes et de de plus en plus affichées. Possible que derrière les slogans des Gençler pointe aussi une révolte sociale qui ne dit pas son nom, face à l’arrogance de cette féodalité d’un genre nouveau.

 

Dans une rue des hommes déchargeaient des fûts d’essence de contrebande d’une camionnette. La frontière iranienne est à quelques kilomètres. Les jours d’émeutes, les commerces ferment, mais les petites affaires continuent…

 

Contrairement aux prévisions, les Gençler n’ont pas attendu la fin du jeûne pour se manifester. Sur le chemin du retour, le bruit sourd des heurts dans le centre ville nous parvenaient. Les passants qui en revenaient avaient les yeux rougis par les gaz lacrymogènes. Suleyman nous fit faire un détour mais impossible d’y échapper. Plus nous approchions de la route de Semdinli, la principale artère de la ville, plus les gaz épaississaient. Les enfants, étaient les plus tôt touchés. Mais bientôt tous étions tous en larmes. En bas d’une ruelle pentue, nous sommes tombés sur un barrage dressé par des adolescents aux visages masqués. Mon air piteux et larmoyant a du les émouvoir : ils m’ont entrouvert la porte d’un local « gel abla » (viens grande sœur)

Chapeau aux journalistes capables de photographier ou de filmer ces émeutes de près. Les yeux me brûlaient tellement que j’en aurais été incapable.

Nous ne nous sommes pas éternisés. Un peu loin, une habitante du quartier nous a apporté de l’eau pour soulager nos yeux. Mon statut de misafir (invitée) m’a valu d’être invitée à pénétrer dans la maison où on m’a conduite à la salle de bain.

 

Le soir tombait quand nous sommes arrivés à la maison de Suleyman, où une quarantaine d’invités étaient attendus pour le repas de fin de jeûne. Une foule refluait du centre-ville. La pause d’iftar s’annonçait.

graffiti à Yüksekova (photo anne guezengar)

Sur le mur il est écrit : l’autonomie ou rien

Ce n’était que partie remise. Le repas à peine terminé, les rues se remplissaient à nouveau de badauds et d’adolescents qui rejoignaient le centre ville. Une immense procession de voitures avançant au pas, feux de détresses allumés, a traversé la ville en faisant retentir les klaxons. Ce convoi de milliers de sympathisants accompagnaient le corps d’une combattante du PKK que sa famille était venue chercher. Quelques uns l’accompagneraient jusqu’au village de la province de Bitlis, à plusieurs centaines de kilomètres, où ses funérailles rassembleraient une dizaine de milliers de personnes le lendemain matin. Un nouveau cortège de sympathisants se formerait à Van et grossirait jusqu’à Bitlis.

 

A Yüksekova, les Gençler se confronteront avec les forces de l’ordre pendant une partie de la nuit. Le lendemain matin, on apprenait que les magasins ouvraient à nouveau. Les habitants de Yüksekova pourraient à nouveau s’approvisionner pour les grands repas d’iftar dans une ville où l’air était redevenu respirable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Balade à Yuksekova par jour d’émeutes kurdes : partie 1 – hautes températures.

 

graffiti à Yüksekova (photo anne guezengar)

Depuis les journées noires des fêtes de fin de ramadan et la colère qui avait explosé après l’attentat de Geçitli, en septembre les émeutes avaient cessé dans la province d’Hakkari sur la frontière entre la Turquie, l’Iran et l’Irak. Le cessez le feu décrété par le PKK jusqu’aux prochaines élections semblait avoir aussi annoncé une trêve de ce côté là.

 

Mais ces derniers jours c’est reparti de plus belle. Il faut dire que les circonstances sont réunies. D’abord Ruken Yetişmiş, madame le maire vient d’être arrêtée. Un tribunal d’Istanbul l’a condamnée à dix mois de prison pour cause de propagande pour le PKK qu’elle aurait faite lors d’un festival de musique…en 2004. Et le 5 décembre dernier elle a été envoyée à la prison de Bitlis, à plusieurs centaines de kilomètres de ses administrés. Elle y a rejoint les autres détenues politiques d’Hakkari. Au moins ses proches à elle pourront lui rendre des visites régulières : elle est originaire de cette province.

 

Évidemment ceux qui l’ont élue (à 93% des suffrages quand même !) ne trouvent pas du tout répréhensible de faire de la propagande pour le PKK… Au contraire. Les gençler – jeunesse – ont ressorti leurs frondes. Pierres et cocktails molotovs ont volé sur les véhicules blindés de la police.

 

A peine la municipalité décapitée de sa mairesse, voilà que lors d’un contrôle de police sur une route, le passager d’une voiture Sedat Karadağ, (33 ans) militant du mouvement de la jeunesse du BDP (le parti légal pro kurde) est gravement blessé. La version officielle est qu’il se serait tiré lui même dessus. Les 4 autres occupants de la voiture sont placés en garde à vue. Une histoire confuse. La ville explose de nouveau.

 

L’été dernier j’hésitais un peu à me rendre dans la province d’Hakkari comme à mon habitude. Mais il a suffit d’un appel de mon ami Suleyman le fleuriste pour me décider. Il faut dire qu’il avait vite laissé le téléphone à ses petites filles : « Anne abla sen gelecekmisin ?  » (grande soeur tu vas venir ?). Impossible de résister, d’autant que le PKK venait d’instaurer un cessez le feu pour la période de Ramadan et que les tensions s’ apaisaient.

 

A mon arrivée, Yüksekova était calme, elle paraissait un peu assoupie même en ce début de Ramadan. C’est le soir que la ville s’animait, ce qui changeait de ses habitudes – contrairement à Hakkari qui vit tard la nuit, les rues de Yüksekova se vident avec la fin du jour. Mais les tensions d’une année marquée par une centaine de journées d’émeutes y étaient palpables. Les vitres des écoles étaient brisés. Les murs s’étaient couverts de slogans signés des Gençler (jeunesse pro pkk) (GÖM) à la gloire d’Apo ou annonçant « le temps venu pour l’autonomie démocratique », comme sur le graffiti de la photo. Et les adolescents qui flânaient dans les rues m’ont semblé avoir adopté une démarche plus frimeuse. Comme si en devenant les héros de toute une génération (la province d’Hakkari est devenue LA province héroïque dans le cœur des jeunes de Diyarbakir), ils avaient renoncé en partie à l’allure altière propre aux habitants de ces montagnes, pour singer celle commune à pas mal d’ados des métropoles occidentales…

 

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Sur la route de Semdinli, à proximité de leur maison, les enfants m’ont montré le trou laissé par une mine qui une dizaine de jours auparavant avait blessé une dizaine de soldats. Selon eux, 3 jours d’affrontements avec les forces de l’ordre avaient suivi dans leur quartier. Cela fait une dizaine d’années que je viens régulièrement voir mes amis dans la province. Je n’y avais jamais senti une telle tension. Beaucoup de ceux que j’y ai revus s’inquiétaient, se demandant vers quoi se précipitait leur ville.

 

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Les émeutes d’une année semblaient s’être emparées des esprits..Un gosse du quartier m’ a montré ses coloriages. Il venait de consciencieusement colorier la grosse lune de la page de son livre . en rouge – jaune – vert. Les couleurs du drapeau kurde. Il avait 4 ou 5 ans ! D’autres gosses pas plus âgés que lui entonnaient des refrains révolutionnaires « dobra dobra partiye ! « . J’ai vu un de ces bouts de chou hurler en solo la marche des guérillas, repris en cœur par ses petites cousines… La taille du devrimci (révolutionnaire) faisait rire les passants. A Yüksekova ce sont les clips de Roj TV qui faisaient office de comptines l’été dernier.

A suivre


 

 

 

 

 

Le kurde une langue inconnue des juges du tribunal de Diyarbakir et … des manuels scolaires français

porte de Diyarbakir (photio anne guezengar)

Connaissant le sens de l’humour des Kurdes, je suis sûre qu’ on a du bien rire dans les restaurants de Diyarbarkir en apprenant la nouvelle. Des avocats chargés de la défense de certains des nombreux élus, cadres du parti BDP,  militants, ou représentants de la société civile kurde dont le procès se déroule (et vient d’être ajourné au 13 janvier) dans la principale ville kurde de Turquie, avaient décidé de s’exprimer en kurde. Ils ont été expulsés du tribunal. Motif : ils s’exprimaient dans une langue…inconnue !

Ces messieurs (et peut-être dames) travaillent – et donc vivent – à Diyarbakir, mais n’ont même pas réalisé que le kurde y était parlé et même écrit ! Ils ont bien du avoir dans les mains un ou deux exemplaires du journal kurde Welat pourtant, dont certains des journalistes sont emprisonnés Si la langue dans laquelle ils ont écrit leurs articles est une langue inconnue, et donc indéchiffrable, sous quel motif ont-ils été inculpés alors ? Certes, ce ne sont peut-être pas les mêmes juges qui les ont envoyés en prison. Mais à défaut de rencontrer de temps à autres les indigènes locaux, ils pourraient au moins se parler entre collègues, histoire d’être moins ignorants des réalités.

Pour ces juges donc, il existe en Turquie une chaîne de TV d’Etat (TV6) qui s’exprime dans une langue inconnue, Aynur a chanté dans une langue inconnue lors du gala d’ouverture d’Istanbul capitale européenne de la culture, et dans ses meetings à Diyarbakir Recep Tayyip Erdogan, le chef du gouvernement adresse régulièrement quelques mots d’une langue inconnue à son auditoire…

Certes il y a sûrement pas mal de gens en Turquie pour considèrer le kurde comme une langue de gueux. Certains supportent difficilement d’entendre les convives de la table de restaurant voisine s’exprimer en kurde, pensant y déceler un acte subversif mettant l’unité de la République en grave danger(Ceux là doivent considérer que la Suisse doit être au bord de la dislocation avec le nombre de langues qui y sont parlées). Mais ceux qui ignorent qu’il existe une (en fait plusieurs) langue kurde ne doivent pas être légion.

Ouf, les juges du tribunal de Diyarbakir sont quand même assurés de trouver quelques soutiens indéfectibles. Et c’est dans les manuels scolaires d’histoire géographie de l’Etat qui a servi de modèle à leur république jacobine, qu’on en trouve un magnifique exemple. Dans un chapître sur la diversité des langues d’un cours de première de lycée français, on apprend que le breton, le basque ou le catalan sont des langues qui existent et que les langues minoritaires sont défendues au sein de l’UE (et que c’est magnifique ). Mais qu’on ne trouve qu’une seule langue en Turquie : le turc.

Espérons que cette solidarité à l’idéologie kémaliste n’ira pas jusqu’à interdire le Q, le X et le W, comme en Turquie. Quoique les ados ne seraient peut être pas fâchés de voir la langue de leurs manuels scolaires commencer à ressembler à celle de leurs messages  : Ki, Ke pkoi etc…(même si les kentin, kzavier et autres vilfried ne seraient sans doute pas ravis).

Des lettres très subversives, comme le sait le sociologue turc Ismail Besikci qui a déjà passé plus de 20 ans en prison, pour avoir refusé de prétendre qu’il ne croyait pas à ce qu’il avait écrit. Il est à nouveau traîné devant les tribunaux pour un article qui ne convient pas à l’idéologie officielle. Et avoir choisi d’orthographier Qandil, la montagne kurde où se trouve les principaux camps du PKK, constituerait  un élément à charge de son  soutien à une organisation terroriste, selon des juges du tribunal d’Istanbul.

Allons bon, Kandil, serait une montagne turque, mon Q dirait Zazie, que les juges du tribunal de Diyarbakir ne doivent certainement pas connaître non plus Avec un nom pareil, Queneau, est sûrement sympathisant d’une organisation terroriste.