Courses de fêtes de fin de Ramadan à Ofis, Diyarbakir.

Cet été  je n’ai passé qu’une journée à Diyarbakir et je n’ai pu faire qu’un saut chez mes amis de Kayapinar, juste le temps  de prendre quelques nouvelles et d’offrir les cadeaux de sekerbayram. Avant de me rendre chez eux j’avais profité de l’heure d’Iftar (fin du jeûne) pour faire quelques courses à Ofis, le seul moment de la journée où les magasins n’étaient pas bondés en cette veille de Seker bayrami, les fêtes de fin de Ramadan.

La photo qui illustre ce billet a bien été prise à Ofis, mais …en plein de mois de février. Et ce n’était pas la veille d’un Seker Bayrami. Et faute aute d’avoir déniché une vidéo montrant l’affluence des jours précédents cette fête  à Ofis, en voici une montrant la foule envahissant le petit centre d’Hakkari, qui est même sujette à des embouteillages.  Légère  différence, on croisait des policiers au look Rambo, armés de fusil dans le centre d’Hakkari, au milieu de l’affluence de la rupture du  jeûne. Ce n’était pas le cas à Ofis.

 

Je ne sais pas si c’est  le plaisir de retrouver une ville qui me devient de plus en plus familière qui me donnait l’air avenante, mais quand  la jolie caissière – que je présume aussi patronne –  d’un magasin où j’avais profité des soldes pour m’offrir un sac à main, une ceinture et  une paire de sandales de super qualité – je m’en offre tous les ans de cette marque turque parce qu’elles sont solides sans être « routardes » pour autant , m’a annoncé le prix de mes achats, j’étais soufflée. 45 TL (18 euros) !  Elle m’avait fait une super ristourne sur les prix déjà soldés. Juste parce qu’elle trouvait que j’avais l’air sympa et qu’elle était très contente d’avoir pour la première fois une cliente française.  Franchement il n’y a qu’en Turquie et hors des sentiers touristiques bien sûr, qu’on peut voir des gestes pareils. Il n’y avait rien de commercial dans le cadeau qu’elle me faisait. Rien que le plaisir spontané et gratuit de me  faire plaisir. Et ça m’a vraiment touchée. Surtout à quelques jours d’un retour vers un environnement autrement  plus calculateur.

Pour Arjin, la petite dernière de la famille,  j’ai  craqué pour un petit mouton –en vrais poils de mouton –  comme en propose parfois sur le bord de certaines routes touristiques. C’est pour ses yeux adorables que je l’avais choisi, mais je me demandais s’il lui plairait. Je  craignais un peu que son grand-père –qui a grandi au village –  trouve stupide qu’on offre un faux mouton en cadeau à une petite fille, si bien que j’avais un peu hésité avec une plus classique poupée. Mais mes craintes étaient sans fondements, le mouton a eu un grand succès et il a même amusé le grand père, toujours content quand on fait plaisir à sa petite fille, qui est allée se coucher en serrant son mouton sur son cœur.  Un jour  je lui offrirai le Petit Prince..en kurde. D’ici là, une traduction sera peut-être disponible.

Pour le cas où le mouton ne lui aurait pas plu, j’avais aussi craqué pour des gadgets lumineux que j’ai achetés à des gosses des rues délurés, qui avaient étalé leurs marchandises fluorescentes sur le trottoir, comme des dizaines d’autres marchands ambulants. Ils étaient marrants et avaient voulu savoir eux aussi d’où je venais.

Même chose peu avant pour les deux messieurs que le pâtissier avait installés à ma table, elle aussi dressée sur le trottoir. Comme je suis toujours incapable de prononcer correctement le R turc de Fransiz, (mais il paraît qu’il y a bien pire que moi), et qu’à ma réponse,  mes interlocuteurs me prennent régulièrement pour une iranienne (Farsi), j’ai pris l’habitude d’ajouter « Sarkozy » pour éviter les malentendus. Un nom qui évidemment ne suscite jamais l’enthousiasme. Mais mes compagnons de table ont préféré évoquer  Danièle Mitterand. Ils m’ont demandé si j’avais de ses nouvelles, mais ce n’est pas le cas.

 

Comme entre l’achat du mouton et mon arrivée à Kayapinar, j’avais fait plusieurs haltes pour déposer des photos prises en mai dernier, j’étais arrivée tard, Arjin n’a pas eu le temps cette fois de me donner un cours de kurde, ce qu’elle avait entrepris l’été précédent, un soir sur le balcon, sans que personne ne lui demande . Peut être justement parce qu’elle n’est pas encore scolarisée, elle avait intuitivement trouvé une excellente méthode. En tout cas à la fin de la séance, j’étais capable d’ énoncer  sans faute à sa grand-mère qui ne parle que le kurde,  « une belle maison », « une belle cuisine » et quelques autres belles choses. A elle aussi l’initiative de sa petite fille avait fait plaisir.  Depuis je me suis offert un manuel de kurde pour débutant. Mais je n’ai pas eu le temps de  le potasser avec elles.

 

 

 

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