20 ans plus tard, Leyla Zana revient à l’Assemblée…et les arrestations continuent

On s’y attendait évidemment, même s’ils avaient laissé planer le suspens. Apo lui même semblait le préconiser avant qu’on lui cloue le bec (ses avocats ne peuvent plus lui rendre visite depuis plusieurs semaines. « conditions météo » trop difficiles pour faire la traversée jusqu’à lîle d’Imrali paraît-il.. Difficile de savoir si « ça l’arrange » au fond, ou s’il est furieux. Mais ses sympathisants le sont)

Le premier octobre, les 30 députés de la plate forme pro kurde  rescapés (5 sont en prison)  ont fini par rejoindre l’Assemblée de Turquie, pour l’ouverture parlementaire du premier octobre dernier. Et comme les autres, Leyla Zana y a prêté serment. Un serment bien plus « sage » qu’il y a vingt ans, quand elle avait provoqué l’hystérie dans l’hémicycle. Il faut dire qu’elle avait osé le prononcer en kurde, ce qui annonçait la  fin de la Turquie. Et que le bandeau qu’elle portait dans les cheveux était rouge -vert- jaune, les couleurs du drapeau du kurde. Autant dire qu’elle se doutait bien qu’elle allait provoquer un tumulte. Leyla Zana et trois autres députés kurdes avaient ensuite été envoyés en prison pour dix ans, histoire de méditer sur l’unité du pays.. L’un d’eux, Hatip Dicle, un 6 des candidats du BDP élu à Diyarbakir y est à nouveau. Quant à son  élection, elle a été invalidée et ses voix refilées à  une candidate…AKP ! Ce qui fait drôlement plaisir au 70 000 électeurs qui avaient voté pour lui !

Cette fois pas de bandeau aux couleurs kurdes dans les cheveux. C’est une députée kurde bien sage, qui a prêté serment…Enfin sage. Elle n’a quand même pas accepté de le réciter mécaniquement, et a choisi de remplacer l’expression « peuple turc » par  de » peuple de Turquie ». Elle n’a quand même pas passé 10 ans en prison pour se proclamer « Turque » en revenant à l’Assemblée. Évidemment, ça a fait couler un peu d’encre dans les rédactions, mais cette fois personne n’a frisé l’apoplexie dans l’hémicycle.

http://www.dailymotion.com/video/xlf4ip_leyla-zana-yemin-metnini-yanlyy-okudu_news

Il faut dire qu’elle aurait pu préférer cette robe à son sage tailleur noir…Elles sont à la mode lors des fiançailles dans la province d’Hakkari (ou d’ailleurs).

Et puis l’opinion en Turquie a fini par se faire à l’idée qu’il pouvait peut-être y avoir des citoyens kurdes en Turquie. Et même qu’on puisse voir de telles robes dans le pays.  C’est  surtout la fin du boycott des députés du parti kurde (et leurs alliés) qui a fait l’actualité. Et qui en soulage pas mal quand même. Depuis que le PKK a rompu son dernier cessez le feu, en juillet dernier, tout le monde a remarqué qu’il y a avait une « petite différence » (entre avant et après). Il y a des morts à peu près tous les jours, sans compter les enlèvements – qui heureusement jusqu’à maintenant ne se terminent pas de façon dramatique, mais permettent au PKK d’imposer « son ordre ».   Et même si certains éditorialistes annoncent – une fois de plus- la fin (toujours) prochaine du PKK – la situation n’est pas vraiment reluisante. A défaut d’être déjà instauré, une ébauche de dialogue peut au moins être espérée.

Cela étant si les vagues d’arrestations (qui fichent vraiment leur électorat en colère) continuent au même rythme, pas sûre que l’électorat du BDP  soit convaincu qu’un processus démocratique  se remet en marche. On annonce 120 interpellations dans le cadre des grands procès du  KCK aujourd’hui, qui viennent s’ajouter à des milliers d’autres arrestations. Bref l’été kurde a été très chaud, on verra ce que donnera  l’automne. Mais pour le moment les températures restent toujours très élevées.

 

 

 

8 commentaires sur “20 ans plus tard, Leyla Zana revient à l’Assemblée…et les arrestations continuent

  1. Précisons pour être juste que Leyla Zana ne s’est pas faite tout d’abord huée ce fameux jour d’octobre 1991 pour le serment qu’elle a bien tenu en turc (seule la dernière phrase était en kurmanci, quelque chose comme « Vive la fraternité turco-kurde ») mais que c’est bien le bandeau qu’elle avait dans les cheveux qui les a rendu fous. J’ai un haut le coeur quand je revois cette scène…

    Je ne crois pas que le problème ait été que l’opinion aurait refusé « de se faire à l’idée qu’il pouvait peut-être y avoir des citoyens kurdes en Turquie ». Le drame reflétait plutôt le double langage de l’État turc et du nationalisme institutionalisé (ainsi que de ses millions de petits soldats), qui prétendent que le terme « turc » est l’équivalent du terme citoyen dans un contrat (à la française) entre celui-ci et l’État, quelles que soient la ou les identités (culturelles, religieuses, etc.) qui relèvent du privé. En réalité cette citoyenneté républicaine est imbriquée depuis 80 ans avec une identité culturelle/ »ethnique » hégémonique idéalisée à outrance et qui doit annuler toutes les autres, peu importe le prix. La citoyenneté était mutilée, jusqu’à en effet rendre tabous des mots, des noms, des dénominations religieuses, culturelles, ethniques, à détruire les traces de cette altérité ainsi décrétée, concrètement (églises, cimetières, etc.) ou symboliquement (cartes géographiques, musées, histoire officielle, etc.), et à créer une identité nouvelle basée sur la symbiose entre l’idéologie d’État et ses « citoyens ». Ainsi ce n’est pas par exemple seulement le mot « kurde » qui était banni mais aussi tout simplement dans un contexte général exclusif le droit humain élémentaire et la liberté individuelle, officiellement et dans les têtes : Si la réalité kurde est reconnue désormais, on refuse toujours celle des objecteurs de conscience, et l’islam sunni est toujours la religion officielle …Dans ce contexte ainsi « ethnicisé » par l’État lui-même, l’ « ethnie » rivale kurde représente la plus grosse minorité en terme de populations et d’espace géographique et de part son identité religieuse majoritaire elle est la plus proche de la majorité idéalisée. Au contraire des Kurdes, toutes les autres minorités n’ont pas fait le poids…

    Ce pays se réveille lentement d’un long processus totalitaire. La violence appelle certes la violence, et le PKK est le fruit de cette histoire, et lui aussi de son côté a un passif totalitaire et violent en intra-kurde. Le gouvernement AKP a cédé aux sirènes nationalistes structurelles violente et ubuesque, et il n’a pas voulu accélérer la mu de cette Constitution moribonde. N’oublions pas non plus le contexte régional extrêmement chargé concernant l’action du gouvernement au plan diplomatique et les soubresauts en Syrie, qui ne sont sûrement pas complètement étrangers à ce regain de violence…

    J'aime

    1. On est bien d’accord sur le tabou « kurde », Meh. Et vous avez raison de préciser pour le serment.

      Quant au contexte géopolitique de la recrudescence des actions violentes du PKK, on est d’accord aussi;même s’il y a sans doute aussi d’autres données.
      Cela étant dit, ces nouvelles arrestations de membres du BDP n’augurent rien de bon. les commenditaires de l’attentat de Gecitli (hakkari) l’année dernière dorment tranquilles, mais on arrête les cadres du BDP…où est l’erreur…

      J'aime

      1. Cela vous étonne Anne qu’on arrête les cadres du BDP ? …Mais ça c’est toujours passé comme ça, non ? Les uns ne veulent pas couper définitivement les ponts avec les terroristes « préférés » des autres, et sont donc les éternels coupables aux yeux de ces mêmes autres. Ceux-ci ont certes une vision biaisée d’une situation injuste et mensongère dès les origines (c’est à dire dès la période de Mustafa Kemal dit « Atatürk »…), les dix ans passés en prison par la jeune Leyla Zana ont été assurément d’une grande cruauté, symbole d’un immense gâchis, mais la situation a beaucoup évolué depuis et on ne peut défaire une folie en peu de temps.

        Leyla Zana vous l’évoquez dans votre article, a remplacé dans son serment de 2011 « grand peuple turc » par  « grand peuple de Turquie », ce qui cette fois-ci ne provoque pas la folie haineuse d’il y a vingt ans et c’est très bien comme ça. Votre interprétation à cela est qu’elle « n’a quand même pas passé 10 ans en prison pour se proclamer « Turque » en revenant à l’Assemblée ». C’est à dire qua mon sens vous extrapolez quelque peu son expression dite de façon très digne et souveraine pour virer, autrement que ce qui venait de sa bouche, par une interprétation qui j’oserais dire m’apparait bien prosaïque voire nationaliste (kurde ou turque, les deux nationalismes sont sur la même longueur d’onde à ce sujet-là) de ses propos. Pourtant, cette expression utilisée par Leyla Zana ce jour-là fait référence à des développements, des débats certes minoritaires mais positifs, constructifs, qui ont eu lieu en Turquie durant toute cette période douloureusement laborieuse, où les nerfs des plus optimistes ont craqués plus d’une fois. Ces développement constructifs, d’ailleurs, ont été justement élaborés à l’aune de la légitime contestation kurde de l’ultra nationalisme ethnique de l’État.

        Il ne s’agissait donc pas dans mon esprit que du seul tabou kurde, mais bien de cette folie tabouesque générale en Turquie qui lentement mais sûrement s’écaille et laisse s’entrevoir l’espoir pour qui rêve encore de jours meilleurs. En fait, vous l’avez compris, le nationalisme kurde, comme tous les nationalismes, ne me dit rien qui vaille (lui aussi a élaboré des théories aussi stupides que le nationalisme turc d’État pour se donner des éléments supplémentaires de légitimité historique). Et sûrement pas dans cette région si métissée et historiquement mosaïque de peuples et confessions imbriqués qui va des Balkans jusqu’au nord de la Mésopotamie. L’Histoire a été bien cruelle et n’a pas écouté le philosophe allemand Arthur Schopenhauer qui disait : « Le type d’orgueil le plus accessible est assurément la fierté nationale. Elle trahit chez celui qui en est affligé la carence de qualités individuelles dont il pourrait s’estimer fier. (…) Mais le premier imbécile venu n’ayant rien d’autre au monde dont il pourrait être fier s’empare de l’ultime moyen de l’être : la nation dont il se trouve faire partie. Là, il se rétablit et il est même reconnaissant de pouvoir défendre bec et ongles tous les erreurs et les folies qui caractérisent cette dernière. »

        Une des possibilités de cette situation dans la région est que, avec un État turc qui défendrait trop longtemps ses reliques, ses lubies ultra-nationalistes, un État libanais vivant encore sous le régime des chapelles ethnico-confessionelles, un Nord-Caucase sur le point d’exploser, un État irakien et bientôt syrien (voire iranien aussi…) en pleine déliquescence ultra violente où on a à l’oeuvre pendant longtemps encore des nationalismes ethniques et religieux qui s’affrontent dans le sang, ce nouveau nationalisme kurde triomphant (lentement mais sûrement, en Turquie, en Irak, en Syrie), et l’impasse-poudrière qu’est la Palestine, on court à la catastrophe générale. Et ce n’est sûrement pas dans mes intentions d’encourager ne serait-ce qu’une once de ces possibles développements cauchemardesques.

        J'aime

  2. Il y a peu encore, ces arrestations à répétition m’auraient effectivement étonnée, Meh. Plus maintenant.

    Dommage pourtant qu’il soit aussi difficile de se défaire de telles habitudes. En tout cas ce n’est pas ce qui va redorer le blason de l’Etat (AKP) dans les provinces à majorité BDP.

    Sinon, je ne comprends pas bien où vous voulez en venir avec cette histoire de nationalisme. Evidemment que j’extrapole, puisque je n’ai pas les confidences de Leyla Zana. Mais je ne vois pas ce qu’il y a de « de nationalisme agressif à refuser de se dire Turque si on ne l’est pas. Et je ne crois pas extrapoler en insinuant qu’à une époque pas si lointaine, un député n’aurait même pas pu se dire kurde -et plus généralement autre que turc – au sein de l’Assemblée. Et que beaucoup sont morts ou en ont sacrément bavé pour avoir le dire, non?

    J'aime

    1. Nous ne parlons peut-être pas de la même chose, Anne. Il faut peut-être que je détaille ma réflexion… Je constate que la « crise identitaire » où se trouve le monde d’aujourd’hui est une crise destructrice pour les peuples. Elle n’est heureusement pas la seule grille de lecture des problèmes politiques, on peut donc heureusement la dépasser. La Turquie se trouve dans cette situation très spéciale qui est que sur le long terme elle de se débarrasser de son ultra-nationalisme ethnico-religieux de triste réputation alors que le monde, lui, se « renationalise » en se cristalisant sur des identités « ethnique » supposées, souvent fantasmes et basées principalement sur les langues et/ou les religions (en parallèle d’un système économique et politique qui favorise les divisions pour mieux régner…). Bref, cet État turc est en train de se redéfinir : expression démocratique et pluraliste de la société civile, possible nouvelle Constitution, mais aussi concrètement par exemple sur une réflexion autour d’une nouvelle définition des symboles citoyens comme – et nous en arrivons à la formule choisie par Leyla Zana – le terme et les noms à donner éventuellement à un État décomplexé identitairement et à ses citoyens.

      Vous savez que certains intellectuels et politiciens (« parti kurde » sous ses diverses dénominations y compris) qui avaient été les premiers à se poser publiquement ce genre de questions ces dernières années se sont fait montrer du doigt par la meute nationaliste qui hurlait au sacrilège et qui ne démord pas de symboles et d’idéologies qui pourtant les mènent droit au mur depuis 90 ans : Soit on fait preuve d’ouverture et dialogue, soit c’est la guerre civile continue – avec la plus grosse minorité « ethnique » justement, les Kurdes. Soit encore c’est la partition assurée à plus ou moins long terme avec larmes, (beaucoup de) sang et frustrations pour les deux parties, État turc autiste et mouvement de libération Kurde. Mouvement de libération kurde qui voit aujourd’hui son heure arrivée dans la région, comme vous le savez.

      Dans ce cadre-là, ce que je commentais donc, Anne, c’est que comme je suis convaincu qu’une partie de ce qu’on appelle communément et pour simplifier « les Kurdes de Turquie » préfèreraient continuer à vivre dans une entité commune – sous quelque forme qu’elle soit – avec les gens avec qui ils vivent depuis toujours. À commencer par ceux qui vivent dans les régions non kurdes, mais aussi sur place dans le « sud-est » les Zazas et/ou les Alevis de langue zaza ou kurmanci ou les Yezidis), de même que les Süryani ou les Turcs « ethniques » locaux. L’avantage serait aussi que cette entité serait véritablement laïque et démocratique. L’alternative revendiquée par d’autres en Turquie, en Irak, en Syrie ou en Iran serait un « Grand Kurdistan » à l’élaboration incertaine (frontières éminemment problématiques…), à majorité sunni …et avec, lui aussi à son tour, d’éventuelles sérieuses problématiques linguistiques, ethniques et religieuses (!) et dans un contexte géopolitique environnant qui ne lui faciliterait pas forcément la tâche. Donc, comme personne en Turquie ne pourra plus jamais ignorer le fait kurde, ni celui de toutes autres identités du pays d’ailleurs, que tout le monde sait évidemment que Leyla Zana est kurde (elle l’avait déjà affirmé en toute élégance avec son fameux bandeau en 1991 !), je trouve au contraire de vous dans ses propos une dimension beaucoup plus grande qu’une simple affirmation identitaire polarisante, que personne ne lui renie : Cette dimension est celle du combat à venir de la redéfinition de l’identité de l’État ou, plutôt, vers l’aboutissement de l’idéal démocratique moderne que ce pays n’a fait pour beaucoup que mal digérer depuis les accélérations civilisationnelles du XIXè siècle. Concrètement, on a au choix : changement de terminologie comme évoqué plus haut (comme Leyla Zana l’a repris de façon très pertinente justement …dans le serment à la Constitution !), introduction du pluralisme (linguistique par ex.) comme miroir de la société, changement de structures étatiques (régionalisme,…), etc., etc. Bref, on reprend les lacunes dramatiques de la naissance de la République en essayant de trouver des solutions plus viables.

      Voilà, en faisant rapide 🙂 j’espère cette fois avoir été un peu plus clair.

      J'aime

    1. Vous avez raison, mais comprenez que ces thèmes forment même la substance cruciale de mes réflexions : je vis avec depuis toujours, je me casse la tête avec depuis toujours… Peut-être aussi vous méprenez-vous un peu de mes propos car ce que dit ici Başkın Oran rejoint en partie ce que je pense : « Et toi, ce que tu as tenu pour important, ça n’est, non pas le nom de l’ethnie dominante, mais le nom de cette terre, un terme purement territorial(…). Tu t’es posée en rassembleuse. (…) Tu as souligné l’existence d’une patrie commune ». Ce à quoi il ajoute : « Mon intention ici, c’est de vite passer de ces questions-là à celle de la nouvelle constitution. »
      Sur toutes ses autres considérations je vais même beaucoup plus loin que lui : Le terme « Türkiyeli » pour nommer les citoyens de ce pays étant lui-même aussi discutable, il ne pourrait à la rigueur qu’être qu’un compromis d’un débat qui s’annonce dramatique quand on voit que Başkın Oran lui-même fait un blocage sur la question linguistique…

      Başkın Oran est depuis des années une des voix qui m’ont le plus fait réfléchir sur ces thématiques citoyennes. Même si je ne fais pas partie de cette catégorie, ce « Turc blanc » iconoclaste radical de sa classe force le respect à ceux épris d’idéal démocratique. Il est viscéralement haï par le ban et l’arrière-ban nationaliste et forcément fachisants, et figure sur la liste noire de ces criminels en puissance parmi les premiers à abattre – dans tous les sens du terme. Il est ce qu’on appelle un intellectuel courageux, en avance sur son temps. Venant du sérail, il sait mieux que quiconque décrypter les hypocrisies ambiantes chez les siens. Un de ceux qu’on brûle volontiers sur la place publique. Plus que les autres tabous connus de « l’idéologie turque », il a cassé le tabou suprême.

      Cependant, comme il le dit si bien, il est de sa classe et de sa génération. Je ne suis plus d’accord avec lui quand après une magistrale démonstration d’intelligence il bute, il se crispe comme ses adversaires sur un sujet crucial en refusant tout de go le kurde comme langue co-officielle après un tour de passe-passe qui le voit pécher lui aussi par mauvaise foi en confondant « nom d’une ethnie » et nom de langue, mettre au même plan « statut des Kurdes » et statut de la langue kurde.
      On se demande de quel droit Başkın Oran peut-il refuser cela, surtout si la République est née de l’alliance entre « les Turcs » et « les Kurdes » et que son obsession principale était justement cet allié bafoué et tabouisé au prix de la guerre civile. Autant de son style typique de chroniqueur turc il réussit à tuer la vache sacrée avec malice, autant je n’ai pas peur de faire hurler plus fort encore les nationalistes en allant beaucoup plus loin dans le raisonnement que lui ne le fait.

      Et cette discussion générale et en particulier de la partie « turque » aura aussi de bon de faire réfléchir aussi la partie « kurde » puisque cette discussion sur le kurde langue officielle ou non fera ressortir que la langue kurde de Turquie est le kurmanci et que la langue zaza et ses variantes est une langue à part …Après avoir été l’objet de la curiosité mondiale grâce à ses islamistes devenus apparemment des démocrates conservateurs bon teint, la Turquie devra à son tour aller voir ailleurs ce qui se fait en matière de multilinguisme. Başkın Oran reste toutefois à mes yeux un juste, un juste anatolien 😉

      J'aime

  3. J’ai retrouvé ce lien que j’avais découvert il y a quelques mois :

    http://www.rojbasvarto.com/?p=2201

    On y découvre nos deux protagonistes présents tous les deux à une conférence à Paris sur la langue kurde. Nul doute que certaine choses que Mr Başkın Oran y aura entendu, entre autres de la bouche même de Mme Leyla Zana, auront inspiré l’expression qu’il emploie à la fin de son article – « kürt kemalizmi » 😉

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s