Sous les tentes, les femmes sinistrées d’Erçis rêvent de crèmes de beauté. (appel à l’Oréal ou à d’autres)

Distribution d'aide alimentaire Danone

 

Quand nous sommes passés dans ce village du district sinistré d’Erçis, des militaires turcs  étaient en train de distribuer des cartons de produits Danone. Il m’a semblé qu’il s’agissait de jus de fruits, mais c’était peut-être des produits laitiers.

Les maisons de ces villageois(es) étaient pour la plupart débout, pour ce que j’en ai vu en tout cas. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas sinistrés. Devant toutes les maisons des tentes sont dressées. En effet les secousses continuent et les gens ont peur, d’autant que beaucoup de maisons sont endommagées. Toutes celles dans lesquelles j’ai pénétrées, comme celles où j’ai dormi, avaient des murs et des planchers lézardés, à commencer par l’hôtel où j’ai dormi à Van. J’ai eu un peu de mal à m’y endormir d’ailleurs , surtout après les coups de fil d’amis me rappelant charitablement ce  que je préférais « oublier », à savoir qu’un 2nd étage en cas de tremblement de terre, ça craint. Mais le dernier étage était complet et il n’y avait pas de chambre au rez de chaussée.

Mais dormir dehors dans une ville glaciale désertée par ses habitants, mes amis comme les autres, ça craignait encore plus. J’étais partie avec la tenue que je portais à Diyarbakir, où il faisait 20 degrés et comme les camions partaient 15 mn après que j’ai demandé si je pouvais partir avec eux, je n’avais pas eu le temps d’aller chercher des vêtements plus chauds.Et puis l’hôtel avait quand même résisté à un séisme, alors que j’étais certaine de ne pas pouvoir résister au froid de la nuit.

Au bout d’une heure, j’ai fini par éteindre la veilleuse : en cas de tremblement de  terre, elle ne changerait pas grand chose, et je me suis endormie, tellement crevée que j’ai du être la seule cliente à ne pas avoir été réveillée par une secousse de magnitude 5.9. vers 6 heures du matin.

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Évidemment, je suis aussi partie sans  ma trousse de toilette. Et je l’ai bien regretté quand sous une tente d’Ercis où des jeunes filles sinistrées m’avaient invitées à  partager un thé, les femmes m’ont demandé si je pouvais leur offrir une crème de jour.

Cela peut paraître étonnant que des femmes qui ont tout perdu – il ne leur reste même plus une photo –   demandent une crème de beauté.  Mais je n’ai eu aucun mal à comprendre ce désir. L’hôtel aux murs lézardés de Van, avait surtout été  l’occasion de prendre une bonne douche chaude (dommage qu’il me fallait remettre les mêmes vêtements; que j’ai conservés pendant cinq jours). Un luxe que ces femmes  n’avaient pas . Et à moi aussi  elle m’a manqué ma crème de jour.

L’aide d’urgence arrive de tout le pays (nourriture, couverture, vêtements, couches pour bébés, tapis etc..). Des tentes sont dressées qui distribuent des repas  chauds. Mais pas de tentes de  coiffeurs ni instituts de beauté.

Si Danone s’est mobilisé, l’Oréal, une marque très présente aussi  en Turquie,  pourrait peut-être en faire autant et envoyer quelques camions de produits de beauté  aux femmes sinistrées d’Erçis : leurs shampoings, leurs crèmes, leurs eaux de toilettes aussi sont restées sous les décombres, pas leur féminité.

 

 

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