Qui a tué Murat Elibol (21 ans) ? Comme un relent des années noires à Diyarbakir.

 » Nous sommes tous du KCK », c’est à dire nous sommes tous coupables. C’est ce slogan que criaient les dizaines de milliers de manifestants qui participaient le 3 décembre  à Diyarbakir, au meeting organisé par le BDP et  auquel s’étaient associés les autres petits partis kurdes ainsi que  de nombreuses organisations, pour protester  contre les vagues d’arrestations, qui se succèdent sans discontinuer depuis des mois contre le  mouvement  kurde. En marge du meeting, dans le quartier de Baglar, des affrontements ont eu lieu entre participants et forces de l’ordre.

Murat Elibol avait 21 ans. Il n’aurait pas du prendre part à ce meeting .  Étudiant à Van, il s’était réfugié chez lui à Diyarbakir depuis  le séisme qui a ravagé la province fin octobre et a littéralement vidé la ville de Van. Et c’est à Baglar  qu’on l’a assassiné de deux balles  de calibre 7.65  dans le dos.

Tué par la police ? Pas sûr. Le responsable de la police  Diyarbakir assure que les forces de l’ordre n’ont pas utilisé leurs armes et surtout qu’elles n’utilisent pas d’armes de ce calibre.   Les médias  kurdes (difficile de trouver d’autres informations sur cet assassinat) rapportent des témoignages indiquant que ce serait en marge de la manifestation qu’un homme barbu aurait tiré sur le jeune homme. Un vendeur de cigarettes aurait été interpellé.

Déjà les médias kurdes  évoquent l’éventualité d’un crime du hizbullah et du retour des Kontra, la contre-guérilla  à la sinistre réputation,  responsable de nombreuses exactions contre les militants kurdes dans les années 90.  Tout est envisageable avec l’ambiance qui règne dans la région . Mais on peut être certain  que cet assassinat ne peut  que  exacerber les tensions, dans une ville dont la température peut être comparée à celle d’une cocotte-minute.

Les funérailles de l’étudiant ont eu lieu aujourd’hui à Cinar, sous préfecture de la province de Diyarbakir où vit sa famille. 3 de ses amis qui voulaient y assister ont été interpellés et placés en garde à vue.

Les Yüksekova Haber viennent de publier ce poème de Murat Elibol: Adieu Amed (Diyarbakir) et qu’il avait partagé sur son compte facebook, le 10 octobre dernier.

Je le traduirai sous peu pour les autres. Pour ceux qui lisent le turc le voici :

Elveda Amed!
Elveda yalnızlığımı paylaştığım sokaklar.
Bu gece yüreğimi, son defa bırakıyorum surlardan aşağıya.
… Hayallerim ise; demli bir çay kıvamında kalsın.
Elveda yüreğimin yitik kenti!
Gazi köşkü, Hevsel bahçesi.
Terkedilmiş kaderimin çocukları
Merhaba Dicle ırmağı, al beni hırçın sularına,
Asaletinden bir parça kalsın bende
Son bakışım bu sana Amed…

Murat Elibol

 

 

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