A Diyarbakir, Van, Istanbul.. les fêtes de Newroz ne sont pas autorisées.

Cette année, c’est à Diyarbakir que doivent débuter les fêtes de Newroz 2012 , le nouvel an kurde (et celui des Iraniens), dimanche prochain 18 mars. Mais pour une raison qui me reste obscure –  cette année, l’autorisation de le célébrer dimanche  été refusée  par le gouverneur de la ville. Le motif donné est que Nevroz (sic) ne pourrait être fêté que le 21 mars…sans proposer d’en faire un jour férié (naturellement).

Refusée aussi à Van et à Istanbul. C’est la première fois, je crois que les autorités turques avancent ce motif. Les festivités de Newroz ont coutume de s’échelonner dans la région. Ainsi il y a deux ans, elles avaient  débuté  un 19 mars à Yüksekova.

Évidemment, vue l’ambiance qui règne dans la région (arrestations en masse dans le cadre du procès du KCK qui se sont encore intensifiées à l’approche des fêtes , avec l’arrestation d’une centaine de personnes, surtout des étudiants, le 16 mars ; massacre d’Uludere, reprise des actions violentes du PKK depuis cet été  etc…), les autorités doivent craindre que Newroz soit l’occasion de redonner du souffle aux mobilisations civiles  kurdes, qui semblaient s’essouffler  ces derniers mois. L’année dernière, en pleine période électorale, les festivités s’ étaient interrompues plus tôt que d’habitude pour donner lieu à des grandes manifestations.

Mais Newroz est  une véritable institution à Diyarbakir. Et le temps fort par excellence de la mobilisation kurde. Strictement interdit après le coup d’état de 1980, ceux qui chaque année bravaient l’interdiction risquaient leur vie, et les fêtes de Newroz faisaient régulièrement des victimes. Au Newroz de  1992, il  y avait eu 57 morts à Cizre.

Chaque année ce sont des centaines de milliers de personnes qui assistent à celui de Diyarbakir. Et ça fait des années que plus aucun gouverneur ne l’y avait interdit. Même en 2008, alors que dans d’autres villes, des gouverneurs avaient refusé de l’ autoriser, il avait été célébré à Diyarbakir.

Cette année là, son interdiction à Hakkari  avait été le déclencheur d’un cycle d’émeutes urbaines, qui ne se sont calmées qu’avec  l’élection de Selahattin Demirtas, le co président du BDP,  comme député de la ville aux dernières élections.  Il y avait eu célébrations « sauvages » dans les quartiers et la semaine de Newroz s’était soldée par plusieurs morts. Le successeur du gouverneur de l’époque n’a jamais interdit Newroz.

Comme c’était prévisible, le BDP a décidé de se passer d’autorisation et de le célébrer dimanche là où le parti l’avait prévu.

J’avoue avoir du mal à comprendre ce qui se passe . Mais ça m’étonnerait que ce soit en interdisant Newroz le dimanche que le calme sera préservé dans la région.

Emre Uslu, chroniqueur à Today’s Zaman, affirme de son côté que les autorités auraient seulement exigé que Newroz soit célébré dans des stades à l’extérieur des villes, qu’il qualifie de « lieux sécurisés »…Outre que je n’ai trouvé nulle part ailleurs cette « info », je doute qu’il fréquente beaucoup les stades de la région. Où voit- il voit un stade capable d’accueillir entre 500 000 et 1 million de personnes à Diyarbakir. Quant à celui d’Hakkari  outre qu’il n’est pas bien grand, il est situé au coeur de la ville, et j’imagine l’état de la pelouse après avoir été piétinée par des milliers de personnes !

 

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