En attendant le verdict, Sevil Sevimli condamnée à l’exil dans son second pays : la Turquie.

Ce vendredi  15 février  doit avoir lieu à Bursa la prochaine audience du procès de Sevil Sevimli .Normalement  cette audience du 15 février devrait aussi être celle du verdict, mais je ne peux le confirmer tellement les méandres de la justice me restent mystérieuses.

A la suite d’une rencontre avec sa famille, j’ai déjà  consacré un billet à  Sevil.  Cette étudiante kurde alévie, de nationalité(s)  franco turque en séjour Erasmus encourt une peine de 21 ans de prison (lors d’une précédente audience, la peine exigée était même 32 ans !) alors que le procureur qui exige une peine aussi faramineuse n’a aucune action illégale à lui reprocher.

Une attitude d’étudiante engagée  et  une sensibilité proche de l’extrême gauche, comme des centaines de milliers de personnes en Turquie qui  ne plongent pas non plus dans l’action violente, ont suffit à l’emporter  dans le tourbillon  des arrestations d’étudiants et à la faire accuser d’appartenir au DHKP-C une organisation interdite ( parfois suspectée d’avoir des liens avec l’état profond) et dont un des militants  transformé en bombe vivante est responsable d’un attentat ayant récemment frappé l’ambassade américaine à Ankara (deux morts – dont le kamikaze –  et une journaliste grièvement blessée))

Sa remise en liberté, en août, après trois mois de détention avait pourtant été un signal d’espoir. Très souvent pour les détenus incarcérés après une garde à vue, elle équivaut à une sorte d’acquittement. Kendal avait souri quand je lui avais demandé, un an après sa remise en liberté où en était son procès ( le procureur exige une peine de 43 ans de prison contre un garçon qui avait 15 ans quand il a été incarcéré). C’était la pagaille, différents tribunaux se déclarant incompétents se renvoyaient le dossier. Bref ça pouvait durer longtemps et en attendant le concours d’entrée à l’université le préoccupait davantage. Un des convives avait résumé la situation sur un ton amusé « moi, ça fait dix ans que je suis en procès »….

Mais pour Sevil, la justice a décidé de faire une exception en assortissant cette remise en liberté d’une interdiction de quitter le territoire. Une clause  rarement réclamée et qui l’a condamnée de fait à l’exil.  Elle ne peut plus rentrer à Lyon où elle a grandi, où elle étudie et où vit son père ,lui-même exilé en France et qui n’a pu la voir depuis des mois. Et comme c’est dans son autre  pays qu’elle est exilée, puisqu’elle est possède les deux nationalités française et turque, c’est un peu comme si subitement sa maison avait été coupée en deux par un mur infranchissable.

Malgré tous les soutiens dont elle a bénéficié, des médias, d’anonymes qui ont été 135 000 à signer une pétition en ligne, d’élus de sa région ou  du président de son université qui a fait plusieurs fois  le voyage jusqu’à Bursa pour assister  aux  différentes audiences  et alors que le ministre de la justice aurait  peut-être préféré  que l’interdiction de quitter le territoire soit levée, les juges sont restés inflexibles. Sa condamnation à l’exil a donc été confirmée.

 

Que ce soit intentionnel ou non, cette décision fait comprendre à ceux  de la jeune génération ayant grandi dans le pays d’accueil de leurs parents et qui seraient tentés par un retour dans le pays d’origine de ces derniers,  qu’ils ne  seraient  pas  tous les bienvenus.

Espérons que la vague d’arrestations de militants (parmi eux plusieurs musiciens du Grup Yorum) et celle  d’avocats ( qui a provoqué un tollé)  accusés d’appartenir au DHKP –C, le 18 janvier dernier,   ne jouera pas en sa défaveur et que cette nouvelle audience  signera la fin du mauvais film dans lequel l’étudiante lyonnaise s’est trouvé entraîner depuis 10 mois maintenant.

Tout dépendra  des juges. Certains doivent se réjouir de la suppression annoncée de l’actuelle  loi anti-terroriste – qui devrait (normalement) en finir avec ces accusations de terrorisme contre des milliers de  gens qui n’ont jamais  participé à une action violente et n’appartiennent à aucune organisation interdite. Pour d’autres  par contre,  l’annonce de cette réforme  doit être une très mauvaise nouvelle.

 

Le Parlement européen soutient le processus de paix entre la Turquie et le PKK

Le processus de paix, dit « processus d’Imrali » vient de recevoir le soutien clair et massif du parlement européen. Le commissaire européen à l’élargissement  Stefan Füle s’est dit prêt à apporter son soutien à ce processus qu’il a qualifié d’ « historique ».

Il est vrai qu’il a fallu une sacrée évolution de la classe politique et de l’opinion publique turque pour rendre possibl,e  ce qui n’a pas encore  vraiment pris la forme de négociations avec  Öcalan le leader du PKK, vénéré de ses sympathisants  au point que des centaines  de prisonniers politiques aient entamé une grève de la faim ayant conduit certains aux portes de la mort pour mettre fin à l’isolement total et au silence auxquel il avait été astreint pendant plus d’un an.

La plupart des  députés qui se sont exprimés en séance plénière et Lucinda Creightona, l’actuelle  présidente irlandaise  de l’UE,  ont appelé tant la communauté kurde et que  les autorités turques à tout mettre en œuvre pour que ce processus aboutisse à la fin de 30 ans de violences. Et le Parlement européen s’est engagé à suivre de près le processus enclenché.

Les députés européens ont ainsi dénoncé l‘assassinat des 3 militantes kurdes, le 9 janvier à Paris. Un assassinat dont l’objectif était de faire dérailler le processus de paix ont-ils à leur tour souligné.

Ce soutien européen a été chaleureusement  accueilli par le  BDP (le parti pro kurde, proche du PKK) – et le plus pro européen des partis de Turquie où beaucoup ne croient plus trop à l’intégration du pays à l’UE . Selahattin Demirtas, le vice président du parti qui avait fait le déplacement à Strasbourg a assuré que son parti comptait bien tout mettre en œuvre pour que ce processus aboutisse à la paix.

Mais selon lui, pour que le leader emprisonné puisse jouer son rôle de négociateur, il est indispensable que les échanges avec le BDP soient  facilités. En effet depuis le déclenchement du processus une seule visite par 2 élus  du BDP – Ahmet Türk et Ayla Aytan  Ata – a été autorisée, le 3 janvier dernier. Demirtas, réputé proche des commandants de Qandil, demande lui aussi à rencontrer le leader emprisonné.

Il a dit aussi attendre de nouvelles réformes judiciaires en Turquie (où la législation anti terroriste a permis d’ envoyer des dizaines de milliers de sympathisants et militants – dont des centaines de mineurs –  pro kurdes en prison), la libération des prisonniers politiques et la liberté de presse. En effet, la majorité des dizaines de journalistes emprisonnés en Turquie, sont des journalistes travaillant pour les médias kurdes.

Le premier ministre Tayyip  Erdogan a « répondu » que l’organisation des visites à la prison d’Imrali était du ressort du ministre de la justice. Cela étant, il est quand même probable que sur cette question aussi sensible,  le ministre se risquera difficilement à prendre une décision sans l’accord du chef du gouvernement…

On peut voir la vidéo du débat au Parlement Européen ICI

 

 

Le patron des Kurdes est en prison… (vu de Rennes)

« Le Kurdistan n’existe pas, c’est juste un drapeau, parce que le patron des Kurdes est en prison », déclarait il y a quelques semaines une petite Kurde de Rennes, dans l’émission « Villes Monde » de France-Culture. Je présume qu’elle devait expliquer une carte qu’elle avait réalisée, où elle avait représenté Rennes et le pays d’origine de ses parents et que faute de savoir à quoi il ressemblait (elle n’y était jamais allée), elle avait dessiné un drapeau kurde.

On n’en a pas appris davantage sur les Kurdes de Rennes, ni sur leurs liens avec cette ville bretonne,  dans cette émission que j’avais trouvée plutôt décevante d’ailleurs (pour d’autres raisons). Mais l’explication de cette petite fille qui devait avoir entre 5 et 7 ans, m’a fait sourire. Je présume aussi que comme plein d’autres gosses kurdes, avant même de savoir aligner deux phrases, elle faisait le signe de la victoire dès qu’un « grand » lui disait « Apo ».  En Turquie comme dans la diaspora les grands adorent faire se trémousser les bouts de chou sur une chanson – ça s’est partagé par tout le monde. Et chez les sympathisants apocu seulement, leur  faire faire le signe IKI (deux).

C’est le 15 février 1999 que le « patron des Kurdes » a été arrêté, enlevé avec l’aide des services secrets israéliens au Kenya, où il s’était réfugié, après avoir été chassé de Syrie puis d’un certain nombre de pays, le dernier étant l’Italie.  Une date que cette petite fille ne doit pas ignorer non plus. A Rennes, comme ailleurs, la date anniversaire de l’arrestation du patron doit être commémorée par les Kurdes sympathisants du PKK.

Pour ma part, c’est en traversant en taxi la ville de Cizre suffocante sous les gaz lacrymogènes, alors que je  me rendais au Kurdistan irakien, que j’avais appris que l’arrestation du « patron » avait eu lieu un 15 février.

Est-ce que la situation serait pire aujourd’hui si la Turquie avait tenté d’entamer des négociations avec lui – en le contraignant peut-être à accepter la présence d’autres mouvements kurdes –  quand il était en Italie, un pays neutre, qui n’avait aucun intérêt stratégique à soutenir le PKK (à la différence de la Syrie ou dans une moindre mesure la Grèce à l’époque) ? Seulement en avoir ne fusse que la velléité, aurait suffit à faire chuter le gouvernement de l’époque. Il faut dire qu’avant l’accession de l’AKP, on ne connaissait pas le phénomène de médias pro gouvernementaux en Turquie. C’était les médias proches du lobby militaire qui étaient dans le rang et les autres sous  liberté surveillée .

Mais si l’arrestation peu glorieuse  du   leader du PKK a constitué un tournant, elle n’a pas mis fin au mouvement armé. Et alors que cet été encore certains éditorialistes turcs pro gouvernementaux, mal informés ou de mauvaise foi,  écrivaient que le PKK était complètement isolé , personne n’oserait plus affirmer cela aujourd’hui.

Le « patron des Kurdes » est non seulement en prison, mais depuis mi juillet, on ne l’entend plus. Plus personne ne l’a vu, ni ses avocats, enfin ceux qui sont toujours en liberté – ceux qui ont été arrêtés, c’est normal – ni ses proches. Depuis 6 mois,  les conditions de navigation seraient trop mauvaises sur la mer de Marmara.

Un silence imposé qui permet peut-être à d’autres d’affirmer davantage leur leadership sur le mouvement kurde.

…Et un 15 février particulièrement chaud, comme c’était prévisible à Diyarbakir ou à Hakkari

 

 

 

 

La Turquie objet de haine du tueur d’Oslo

 

Comme on pouvait s’en douter, Anders Behring Breivik, le terroriste  d’extrême droite responsable  de la terrifiante tuerie de l’ïle d’Utoeya, partage l’obsession de tous un tas d’obsessionnels qui inondent de leurs commentaires haineux le moindre  article consacré à la Turquie. Un pays où il serait  allé et auquel il voue une haine farouche comme envers tout ce qui est musulman.

Todays Zaman révèle que dans le manifeste de 1500 pages qui lui est attribué, le tueur fait des centaines de références à la Turquie dont il s’est penché sur l’histoire, depuis l’Empire Seljoukide jusqu’à la Turquie contemporaine,  pour la revisiter à la sauce délirante islamophobe et n’y voir  qu’un conflit des Musulmans contre les Chrétiens.

Il y décrète que les réformes d’Atatürk auraient  échoué à moderniser les Musulmans. Elles n’auraient permis que de retarder l’inévitable. Pendant des décennies la charia serait restée dormante. La raison de l’échec d’Atatürk serait l’extrême résistance de l’Islam. J’ai évidemment du mal à suivre ce genre de délire, mais il semble que dans sa logique d’islamophobe, la politique d’Atatürk n’ aurait été un succès que s’il avait  christianisé la Turquie.

Après la re-islamisation du pays par les gouvernement Menderes puis plus tard Erbakan, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan constituerait  un retour à l’Empire Ottoman à l,a  charia (la thèse de l’agenda caché de l’AKP a du lui plaire)  et au  Jihad. Un Jihad dont ceux  qui soutiennent l’intégration de la Turquie au sein de l’UE  seraient les complices.

Mais de toute façon rien à attendre de  l’UE, à ranger  parmi les pires traitres de l’histoire des civilisations puisqu’elle aurait favorisé l’islamisation de l’Europe, selon lui. Les migrations seraient la preuve de cette volonté délibérée de détruire des » traditions culturelles parmi les plus riches de la planète », dans le but de les remplacer par la « barbare charia ». Les théories du complot et les traitres en tout genre  sont toujours très prisés des fachos.

Dans son projet « d’Indépendance européenne », la Turquie devrait aussi être virée  de l’OTAN (j’ignore s’il rappelle que l’intégration de la Turquie dans l’OTAN faisait partie de la stratégie destinée à endiguer le communisme qu’il exècre aussi, mais un peu moins apparemment que l’Islam). Mais tout  ça ne suffit pas, ce sont  les traités signés après la première guerre mondiale qu’il faut revoir. Il préconise un retour au Traité de Sèvres. Et même  de  faire une guerre à la Turquie dans l’objectif de  rechristianiser l’Anatolie et Chypre Nord ! (j’ignore  s’il préconise pour ça des migrations ou des conversions forcées..)

Bref un délire total, mais  comme toutes les théories fascistes. Et en ce qui concerne la Turquie, le retour au traité de Sèvres et la croisade pour rechristianiser l’Anatolie mis à part quand-même , un délire assez  banal. C’est un discours qu’on entend tout le temps  que l’Islam est une barbarie menaçant les valeurs et les racines chrétiennes de l’Europe  et que les migrations musulmanes constitueraient un risque pour  notre « civilisation ».

Le réseau d’extrême droite  du tueur était européen, et plus largement  occidental et  c’est en anglais qu’il a rédigé ce  manifeste imbuvable, pas en norvégien. Sur certains sites, d’autres fous furieux n’ont pas traîné pour en faire un héros (et d’autres une sorte de victime de l’islamisation née de leur imaginaire tordu).  Toute  l’Europe est  concernée.  Et le terrorisme d’extrême droite ne vient quand même pas de naître.  Le fait que même  certains de nos ministres ne veuillent voir dans l’assassinat ciblé  de dizaines d’adolescents norvégiens que le geste d’un déséquilibré,  comme si les idéologies fondées sur la  haine de l’autre n’avaient  jamais conduit à la folie meurtrière, n’est pas seulement consternant.

. Et ça promet pour les mois à venir comme discours islamophobes et xénophobes toujours aussi décomplexés et  mêmes sottises concernant la Turquie.

Erol Dora premier député chrétien syriaque depuis la fondation de la République turque

 

Le 12 juin 2011 a été  un grand jour pour les Chrétiens  Syriaques de Turquie. L’avocat Erol Dora a été élu député de Mardin. Il sera le premier Chrétien syriaque à siéger  à l’  Assemblée  depuis la fondation de la République.  Entre 1923 et 1964,  il y a eu une vingtaine de députés Arméniens en Turquie. Mais jamais aucun Syriaque. J’en ignore la cause qui doit tenir à des caractéristiques propres à cette communauté jadis importante, mais qui ne compte plus que 15000 personnes. Les Arméniens de Turquie sont environ 60 000 et les Grecs ne forment plus qu’une micro communauté d’environ 7000 personnes.

Le seul candidat chrétien de cette élection était soutenu par le BDP, comme je l’annonçais dans un précédent billet. Aucun des autres partis, pas plus le CHP que l’AKP n’a jugé indispensable que des  Chrétiens  participent à l’élaboration d’une nouvelle Constitution, où il devrait être beaucoup question des minorités pourtant. Ahmet Türk, l’ancien président du parti a voté pour lui dans un village du district de Derik. Il est originaire de la province de Mardin où il a été lui aussi élu comme  les trois candidats présentés par le BDP .

Erol Dora, qui vit à Istanbul,  est né dans le village d’Hassana, dans la région de Cizre –  la même région que  la famille de Mar Zakka Ier Iwas patriarche Syriaque, qui a récemment effectué le voyage de Damas à Ankara pour y plaider la cause du monastère de Mar Gabriel.  En tout cas c’est ce qu’il dit dans l’entretien qu’il a donné à la Gazette de Kiziltepe . Et je lui fais davantage  confiance qu’à certains articles de la  presse française. Tous les Assyro Chaldéens ne sont pas originaires de Tur Abdin.

Polyglotte, comme la plupart des Chrétiens d’Orient, il parle syriaque (araméen) turc, anglais, un peu arménien.. Et le kurde, qu’il a utilisé dans sa campagne, comme lors de ce meeting à Nusaybin, sur la frontière syrienne,  aux couleurs et au ton très  kurdes. Son engagement  pro européen y  fait  moins réagir  la foule que l’évocation de l’étudiant kurde tué par la police à Bismil en avril dernier,  lors d’une manifestation  contre l’interdiction qui avait frappé plusieurs candidats du bloc BDP. l faut dire que les esprits étaient tendus. Le meeting suivait de peu les funérailles d’un  PKK originaire de la ville,  tué dans une opération militaire.

Il place  le discours qu’il continue en turc, sous le signe de  la fraternité entre Kurdes, Syriaques, Turcs,  Arabes et – je crois – Yézidis, qui ne doivent plus être  bien nombreux dans la région où vit aussi une population arabe.  Une fraternité qui n’est pas un vain mot dans cette ville où il y a un an le  monastère Mor Yakub,  avait été vandalisé,  au grand dam de la mairesse BDP de la ville, persuadée que les vandales venaient d’ailleurs. J’ignore s’ils ont été retrouvés, et surtout  s’il y a eu réelle volonté de les retrouver.

En tout cas les habitants de cette ville qui ont voté pour lui, ont donné une belle réponse à ceux qui espéraient terrifier les quelques milliers de Chrétiens qui vivent encore dans la région.

L’élection de leur avocat est  certainement une bonne nouvelle aussi pour les moines du monastère de Mor Gabriel , harcelés par une série de procédures judiciaires. Harceler  un endroit pareil ! J’ai été saisie à deux reprises de véritables  « chocs » en Turquie.  Le premier c’était à ma descente du train à la gare de Sirkeci, à une époque  la Turquie n’était pas une destination de tourisme de masse. Le second  a été en découvrant Mor Gabriel, le 15 Août 1993. C’est en pénétrant dans ce lieu où régnait une telle sérénité que j’ai reçu  « le choc de l’Est ».  Quand un pays possède un tel héritage spirituel – ce n’est pas de « belles églises musées qui feront venir les touristes  » qu’il s’agit –  comment peut-il l’abandonner à la convoitise de gardiens de village (korucus)  cupides, assurés de la complicité de fonctionnaires racistes – ou simplement assez stupides pour ne penser qu’à s’assurer les votes d’un village acquis à l’État.

D’autant que la Turquie va sans doute devoir régler un jour cette  question  de biens usurpés par des gardiens de villages – que ce soient ceux des Chrétiens qui ont déserté en masse la région depuis les années 70, ou des Kurdes  (mais aussi des Syriaques ) chassés de leurs villages, dans les années 90  parce qu’ils étaient accusés de soutenir le PKK . Ce qui promet de ne pas être une partie de plaisir… En attendant, la solidarité  – ou à défaut le sentiment de subir la même injustice –  entre Kurdes sympathisants du BDP et Chrétiens syriaques  a des raisons d’être dans la région de Mardin.

Je ne sais pas où il votait et s’il a pu lui donner sa voix,  mais je suis certaine que l’élection d’Erol Dora a fait plaisir à Orhan Miroglu, ancien membre du parti kurde, journaliste à Taraf et originaire de Mydiat. Et ce quelque soit ses relations avec ses amis du parti, qu’on n’a pas beaucoup entendus , quand  il  avait reçu des menaces de mort du PKK. après une coup de sang d’Öcalan, furieux qu’il ne soit pas assez dans la ligne.

Avec d’autres comme Baskin Oran, il avait  été à l’initiative  d’une pétition pour sauver Mor Gabriel.

La façon dont les autorités – et notamment la police – encourageaient les Musulmans  de sa région à harceler les Chrétiens dans les années 70 (comme les Alévis dans d’autres régions) étaient le sujet de la conversation d’un dîner à Diyarbakir  avec lui, Mehmet Uzun , Canip Yildirim et quelques autres. Comme les Alévis, beaucoup de Syriaques avaient pris la route de l’exil qui se confondait alors avec celle des migrations de travail  et en a conduit beaucoup vers Sarcelles.

D’autres sont partis pour l’Allemagne, comme la famille de ma voisine d’un vol Istanbul – Diyarbakir, qui se rendait dans son village pour les fêtes de Pâques. On avait du y colorer les œufs, de la même façon que ceux que les enfants du propriétaire des copains Tatvanli  qui me recevaient à Erbil, étaient venus nous offrir.

Pour d’autres la destination a été Istanbul. Cette migration multi culturelle des originaires de Mardin est le sujet de la thèse de Fadime Deli  et d’ un article publié dans Turquie : les mille visages, un ouvrage collectif dirigé par Isabelle Rigoni.

C’est grâce à cette journée à Diyarbakir d’ailleurs que j’ai visité Mydiat, un jour où je revenais encore du Kurdistan irakien. J’avais montré aux autres passagers du taxi – indispensable pour traverser cette frontière pas vraiment comme les autres – le petit album  de photos  prises lors cette journée et que le soldat du poste de contrôle avait déniché dans mon sac. Les photos de Mehmet Uzun avaient fait tellement plaisir à un passager de Batman, qu’il avait proposé de me montrer Mydiat. Comme je rêvais depuis longtemps de voir cette ville, j’ai accepté de faire ce détour.

Dans un des minibus qui nous où y conduisaient, deux villageoises qui jusqu’alors discutaient en kurde avec les autres passagers s’étaient adressées à moi en turc  » Vous êtes chrétienne ? Nous aussi nous sommes chrétiennes ». Elles avaient un frère en France, mais ignoraient si c’était à Sarcelles. J’ai bien regretté de ne pas avoir le temps de m’arrêter boire le thé qu’elles nous proposaient dans leur village aux belles maison de pierres.

Elles  ont sûrement  apporté leur voix à Erol Dora, candidat pour toute la Province  et pour toute la Turquie, (et qui a encore confiance en l’Europe)  comme il le souligne  dans l’entretien donné à la Gazette de Kiziltepe. Le premier député chrétien depuis un demi siècle en Turquie.

Le député BDP   appelle à ce que la prochaine  Constitution renonce à toute référence ethnique et à un changement de la définition de citoyenneté, qui stipule que  toute personne ayant  un lien de citoyenneté avec la Turquie est turque, qu’elle soit turque, kurde, arabe, arménienne, syriaque, rom  etc… Et à  la suite du  Coup d’État de 1980, l’identité musulmane (sunnite) de la nation turque a été renforcée (synthèse turco- sunnite). Cela avait correspondu avec  une période difficile  pour les Chrétiens de la province.

Évidemment, les courants nationalistes turcs  risquent de ne pas être d’accord. Comme ce lecteur d’Haber Türk qui demande   » ce que signifie tous les peuples. En Turquie il n’y a que le peuple turc (…)  comme il n’y a que le peuple américain en Amérique« …et qui n’a pas dû souvent se rendre aux États-Unis.

 

Ici un reportage de CNN Turquie  pendant sa campagne multilingue à Mardin.

Et on peut voir des images de la fête à Mydiat le soir du 12 juin,  sur le Mydiat Habur.

 

Rectificatif : Ce n’est pas Erol Dora, mais Gülseren  Yildirim qui était la candidate BDP de Nusaybin où elle a obtenu 75 % des voix. Dans ce district 1453  voix (3.5%) sont cependant allées à Erol Dora (surtout des voix syriaques je présume). Même chose à Mydiat, où il a obtenu 512 voix (1.6%)

Il a obtenu 28 % des suffrages (17 800 voix)  à Mardin – centre , 71 %  (18 395 voix) à  Derik et 41.4 % (5054 voix) à Savur, districts dont il était le candidat.

 

 

 

 

Recep Tayyip Erdogan à Strasbourg : Vive le seuil de 10% qui bloque l’accès des élus kurdes à l’assemblée.

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La colère des Kurdes explose à nouveau. Ca a l’air d’être violent (la réponse aussi d’ailleurs) : des centaines de blessés – un très grave hier à Hakkari et un mort aujourd’hui à Diyarbakir (Bismil), une centaine d’arrestations hier pour la seule ville de Diyarbakir et des centaines dans toute la région kurde et à Istanbul ou Mersin. Dans ce contexte, il me paraissait éclairant de reproduire l’intégralité de la réponse que donnait Recep Tayyip Erdogan, le chef du gouvernement turc, devant le Conseil de l’Europe la semaine dernière, à une question qu’un intervenant de l’APCE lui posait sur le fameux de seuil de 10 % que doit obtenir  un parti politique pour pouvoir être représenté à la Grande Assemblée de Turquie.

 

Evidemment personne en Turquie n’ignore que le principal objectif de ce seuil élevé est d’empêcher le mouvement kurde d’être représenté à l’Assemblée, même si à l’origine (dans les années 90) il était aussi destiné à entraver  la représentativité  du mouvement  musulman.

Mais étonnant comme  une mesure considérée comme anti démocratique quand on est l’objet, devient « volonté du peuple »  quand on en est devenu le principal bénéficitaire et comme la victimisation justifie ce retournement de perception. Avoir « beaucoup souffert »(moins nombreux que les Kurdes quand même à avoir du se résoudre à l’exil, les intellectuels et militants musulmans turcs)  donnant apparemment le droit d’exercer à son tour son autorité sur les autres.

‘M. KOX (Pays-Bas)* – Monsieur le Premier ministre, je ne suis pas d’accord avec votre dernier commentaire mais, vous le savez, j’appartiens au Groupe pour la gauche unitaire européenne. Je dois cependant vous féliciter sincèrement du résultat du vote en Turquie et je suis d’accord qu’il faut faire de notre mieux pour nous ranger du côté du changement démocratique.

A ce propos, pourquoi n’avez-vous pas tenu votre promesse d’abaisser le seuil de 10 % lors des élections en Turquie ? Ce serait un changement démocratique important. Quand comptez-vous la tenir ?

LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. le Premier ministre de la Turquie.

M. ERDOĞAN* – Tout d’abord, je ne m’attendais pas à ce que vous soyez nécessairement d’accord avec tous mes arguments. Je respecte votre point de vue. Je vous rappelle toutefois que j’ai été emprisonné pendant quatre mois. Après ma sortie, nous avons créé notre parti politique, nous avons gagné des élections et, depuis huit ans, nous sommes au pouvoir avec un soutien populaire considérable. C’est le peuple, au bout du compte, qui est le meilleur juge. Puisque c’est au peuple de rendre ce jugement et qu’il nous soutient, il doit bien y avoir quelque chose !

Ce n’est pas mon parti qui a instauré ce seuil de 10 %, qui existait au moment où nous nous sommes soumis à la loi du scrutin. Nous l’avons respecté alors, ce qui montre bien que en dépit de ce seuil, un parti comme le mien peut être créé et, très rapidement, arriver au pouvoir. Comment est-ce possible ? C’est parce que nous ne nous sommes pas rangés à droite ou à gauche. Notre action politique se situe au centre. Pour tous les Turcs, toutes les composantes de la société turque, pour chacun d’entre eux.

Ici, en France, je vois que les Roms se font expulser. Est-ce là la démocratie ? En France, aujourd’hui, il n’y a pas de respect pour la liberté de religion individuelle. Est-ce cela la liberté de religion ? Que ceux qui veulent juger la Turquie commencent par se regarder eux-mêmes !

Pour en revenir au seuil de 10 %, le fait de le réduire ou non n’est pas une question de démocratie. Il existe aussi ailleurs en Europe des seuils de 8 ou de 7 %. Pour la stabilité et la sécurité de notre pays, nous avons décidé de continuer à appliquer ce seuil, et le peuple en a été d’accord. Les périodes de gouvernement de parti unique ont été des périodes de développement pour la Turquie, contrairement aux époques où plusieurs partis entraient en coalition. Nous avons besoin de stabilité. Le moment venu, si nous sentons s’exprimer un réel besoin d’abaisser ce seuil, nous consulterons notre peuple. Nous ne vous consulterons pas vous !

Nous consulterons donc notre peuple et prendrons une décision en fonction de ce que les Turcs nous diront. S’ils veulent que le seuil soit abaissé, il le sera ; s’il doit rester inchangé d’après eux, il restera à 10 %. Ce sera la décision des 74 millions de Turcs. Je vous demanderai d’envisager les choses sous cet angle aussi : cela n’a pas été facile pour nous d’arriver où nous sommes aujourd’hui.

Nous avons souffert dans le passé et voulons éviter que cela se reproduise. Nous voulons avancer et être un pays exemplaire. Les partis politiques sont nombreux dans notre pays. Aucun parti n’est interdit, chaque citoyen a la possibilité de créer son parti à tout moment et de participer aux élections. Nous ne sommes pas un parti ethnique ni un parti régional, nous sommes un parti qui couvre l’ensemble du territoire et nous nous adressons à tous en Turquie. C’est grâce à ces critères que nous pouvons travailler.

LE PRÉSIDENT* – La parole est à Mme Marland-Militello. »‘

(le compte rendu de l’intervention  de Recep Tayyip au Conseil de l’Europe peut être consulté après celui  de la Georgie).

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Il n’est pas question de citoyens kurdes  dans cette réponse. Ce sont les 74 millions de Turcs ( chiffre comprenant les enfants de moins de cinq ans et ces insupportables Kurdes qui ne veulent pas se contenter de tout ce que l’AKP a fait pour eux) qui décideront quand il sentira le moment  venu de leur demander, si ce seuil doit être abaissé. En attendant,  le parti unique c’est plus pratique, c’est vrai,  pour gouverner un pays (Ben Ali, Moubarak et quelques autres en savent quelque chose :  ils ont longtemps dirigé des gouvernements extrêmement stables)… et pour élaborer la nouvelle Constitution destinée à remplacer celle de 1982, qu’on imagine (peut-être mauvaise langue) souhaitée taillée sur mesure pour Recep Tayyip Erdogan, qui rêve d’un régime présidentiel pour la Turquie…dont il espère devenir le président bien sûr.

D’ailleurs tout va bien, puisque depuis que la Cour Constitutionnelle a renoncé à interdire l’AKP, aucun parti n’est interdit en Turquie. La dissolution quelques mois plus tard du DTP, le précédent parti kurde en décembre 2009,  ne compte pas. Certes le BDP, parti kurde qui l’a remplacé, n’a pas encore été interdit. Seuls quelques centaines de ses membres et de nombreux élus ont été flanqués en prison ces quinze derniers mois.

Et puis tout ça est de la faute à la France, qui est mal placée pour donner des leçons de démocratie à la Turquie. L’intervenant qui interpellait le chef de gouvernement turc est hollandais. Et il le faisait au nom du Conseil de l’Europe auquel la Turquie a librement adhéré, et non de la France qui s’était faite à juste titre  taper sur les doigts par l’UE pour sa façon de traiter l’immigration Rom. Mais bon, c’est tellement mieux de rejeter la faute sur les autres. A défaut de convaincre l’assemblée à laquelle le premier ministre turc  s’adressait, c’est le genre d’arguments  qui a du bien passer  parmi certains de ses sympathisants de la communauté des Turcs de France, que le candidat AKP a aussi rencontrés à Strasbourg.

Cela étant,  je doute que les citoyens kurdes en colère de son pays considèrent la France responsable du veto qui vient de frapper 12 candidats indépendants (dont 7 soutenus par le BDP). Certes, le YSK qui a pris cette décision est une institution indépendante du gouvernement, mais si le BDP avait pu présenter des listes, les juges du YSK n’auraient pas eu leur mot à dire. Le MHP et le CHP peuvent bien présenter des candidats emprisonnés dans le cadre du procès Ergenekon sur leurs listes.

Et je ne sais pas si  une paix sociale fondée sur un véritable contrat social – en l’occurrence une conception de la citoyenneté acceptée par l’ensemble des citoyens de Turquie –  ne serait pas mieux que cette forme de stabilité. Évidemment, c’est au 74 millions de Turcs, et surtout à leurs représentants,  d’en décider.

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Mais il est vrai que certains pourraient se sentir frustrés de ne plus voir ces images sur leurs écrans de TV :

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..de déplacements militaires  vers la frontière irakienne ( la semaine dernière ).

 

Ouf ! Les juges du YSK n’ont pas opposé de veto à la candidature d’Ibrahim Tatlises, qui se présente lui aussi en candidat indépendant et se rétablit bien en Allemagne, selon les Urfa haber . Ce qui prouve bien qu’ils n’ont rien contre les Kurdes…tant qu’ils ne soutiennent pas de mauvais partis.

Nicolas Sarkozy en Turquie : le maire d’Ankara mâche un chewing-gum et autres petites piques.

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C’est d’une façon pour le moins glaciale que le président du G20 et de la République française a été accueilli en Turquie. Seul le maire d’Ankara Melih Gökçek, flanqué d’un adjoint du gouverneur de la région, attendait Nicolas Sarkozy sur le tarmac de l’aéroport d’Esenboga. Pas un ministre n’avait daigné se déplacer. Un protocole étonnant titre le journal Hürriyet, surtout pour un pays expert dans l’art d’accueillir ses hôtes.

 

Comme on le voit sur la vidéo du journal Milliyet (ici), l’ambiance n’était pas aux embrassades et aux manifestations de sympathie à la sortie de l’aéroport. Nicolas Sarkozy est le seul à sourire – d’un sourire que l’on sent un peu forcé quand même – et à se fendre d’un petit coucou aux caméras de télévision. Ses hôtes ont plutôt l’air de faire la tête.

 

Sur cette même vidéo, on sent notre président soulagé, quand il retrouve le toujours affable président Abdullah Gül, qu’il avait pourtant reçu avec une désinvolture affichée à Paris, lors de la Saison de la Turquie. Une désinvolture que les Turcs n’ont pas oublié. Et ce n’est pas le choix de ne faire qu’une visite éclair en Turquie qui a permis de tourner la page.

 

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Les médias turcs ne lui font pas de cadeau non plus. L’image que le journal Hürriyet publiait en UNE de sa visite à Ankara sur son site Internet est impitoyable. Recep Tayyip Erdogan domine Nicolas Sarkozy de sa stature de façon impressionnante ! Pourtant Hürriyet n’est pas suspect de sympathie AKP. Mais quand le chef du gouvernement turc râle contre le président français, il n’y a  pas que ses sympathisants pour l’approuver. Ni pour se réjouir quand il domine ainsi le président français.

 

Bon ils ont du recadrer un peu l’image originale pour obtenir un effet aussi saisissant à Hürriyet. Erdogan attendait Nicolas Sarkozy sur une marche. Tayyip bey est loin d’être un gringalet, mais c’était un peu exagéré quand même.

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Autre image impitoyable – en tout cas pour des lecteurs turcs, les Français ont peut-être fini par s’habituer aux mauvaises manières – celle du président français affalé dans son fauteuil lors de la brève entrevue qui a suivi avec le chef du gouvernement turc. L’image est légendée d’un “Voilà comment  Sarkozy se tenait”.  C’est vrai, qu’il en était d’un poil, qu’il mette son pied sur le fauteuil, ce qui même en France ne se fait pas quand on est invité chez des gens.

 

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Heureusement, il a évité de mâcher du chewing-gum pendant la visite au mausolée d’Atatürk , comme il l’avait fait à Paris, en présence du président Turc et de sa famille, lors de l’inauguration de l’exposition Istanbul, Une ville pour deux continents et de la Saison de la Turquie.  Par contre il avait oublié de jeter celui qu’il machouillait dans l’avion lorsque Melih Gökçek, le maire d’Ankara l’a accueilli à l’aéroport. Ce dernier n’a pas apprécié.

Du coup c’est Melih Gökçek qui en mâchait un ostensiblement, lorsque il a raccompagné Nicolas Sarkozy à l’aéroport au moment de son départ, comme on le voit sur la vidéo. Et tac, moi aussi je vais te montrer que je peux être grossier avec mes invités.

Ca m’a fait rire quand j’ai vu ces images, sur lesquelles il s’applique vraiment à mâcher son chewing-gum, avec l’air d’un sale gosse tout content de faire une bêtise, le maire d’Ankara.  

 

Toute la presse turque en fait ses choux gras et plein de messages de félicitation pour le maire d’Ankara sont twittés sur le Web …Là encore on peut être sûr que certains émanaient de personnes que l’élu AKP avaient exaspéré lorsqu’il avait conseillé aux habitants d’Ankara de prier pour faire pleuvoir, lors de la sécheresse de l’été 2007.

Quand je le disais dans mon billet précédent que ça n’avait pas été apprécié en Turquie, le coup du chewing gum pendant l’expo ! Des tas de sourires c’est bien. Mais ses conseillers en communication aurait du le prévenir : surtout pas de chewing gum en Turquie !  j’ai fait ce que j’ai pu dans mon billet précédent, en avertissant qu’il fallait le jeter AVANT de descendre de l’avion. Il serait bon qu’ils comprennent qu’on trouve des infos dans les blogs, ces conseillers.

Du coup ça commence à se répandre sur le web cette histoire de chewing-gum (bonjour à tous les Tunisiens qui liront ce billet). Après les frasques de MAM puis de Boris Boillon en Tunisie, ce n’était pas vraiment le moment.

 

On peut rêver à ce qu’aurait pu être la visite du président de la République française en Turquie, au moment où les peuples de la région se soulèvent et renversent leurs vieux dictateurs, si Nicolas Sarkozy avait adopté vis à vis de ce pays une attitude plus constructive et surtout plus lucide. Avec sa proposition de relancer l’Union pour la Méditerranée (il en a parlé à Ankara, si !), il a du faire doucement sourire ses interlocuteurs.

Grand prince, Erdogan aurait quand-même offert au président français, une lettre de François premier à Soliman le Magnifique. (pour ceux qui comprennent le turc, vidéo ICI)

Bon Nicolas Sarkozy était tout même très heureux d’être venu et a promis de revenir en famille, cette fois ( Espérons qu’il pensait avec Carla et pas avec le fiston Jean, ex candidat à prendre l’ancienne place de papa à la présidence de l’EPAD). Il n’est certes jamais trop tard pour bien faire, n’empêche que plus tôt aurait été mieux.

Mais surtout, surtout qu’il renonce à ses sacrés chewing gum, la prochaine fois qu’il se rendra en Turquie, notre président.