Müslüm Baba a tiré sa dernière arabesk…

Un des princes  de la musique arabesk en Turquie vient de quitter définitivement la scène. Müslüm Gurses – Müslüm baba – est mort ce matin à l’âge de 59 ans. Et cette fois sa sortie est bien définitive. Il laisse des millions de fans orphelins.

Celui qui deviendra une des voix du peuple des gecekondus est né en 1953 dans un village du district d’Halfeti dans la province d’Urfa. La ville où est né  Ibrahim Tatlises  – qui a survécu à la tentative d’assassinat dont il a été victime, mais a cessé de chanter depuis. Les deux chanteurs urfali sont  issus l’un comme l’autre de familles modestes et ni l’un ni l’autre ne renieront jamais leur origine. Mais tandis qu’Ibo a adopté  un style de vie de nouveau riche flambeur et a défrayé  la chronique avec  ses frasques amoureuses ,  Müslum Gürses s’est distingué  par sa modestie affichée. En 1986 il épouse l’actrice Muhterem Nur, qui restera sa femme pour la vie.

Pour pouvoir survivre sa famille migrera  dans la ville d’Adana où le jeune Müslüm Aktas commencera très tôt à travailler comme tailleur puis cordonnier. Un destin partagé par des centaines de milliers d’Anatoliens qui désertent leurs villages et viennent peupler les gecekondus des grandes métropoles à l’aube des années 70.

Cette migration et la perte de son petit frère  marqueront ses chansons, pleines de larmes, de regrets (Gurbet)  et d’amours et destins (kader) contrariés.

C’est à Adana où il se fera remarquer dès l’âge de 14 ans en remportant une compétition musicale , qu’il débutera sa carrière en chantant dans des cabarets puis  comme chanteur à la radio Cukurova. C’est là aussi qu’il se choisit son nom de scène Müslüm Gürses et qu’en 1967, il  enregistre son premier single « Ovada Taşa Basma » (n’écrase pas les pierres de la plaine) Le succès est immédiat avec 300 000 disques vendus.

Il enregistrera ensuite des dizaines d’albums, vénéré par les uns, honni par les autres – notamment par les militaires putschistes  qui décréteront la musique arabesk interdite après le coup d’état de 1980.

Ce qui n’empêcha pas Müslüm Gürses de tourner dans son premier film Ağlattı Kader (Une destinée pleine de larmes) en 1984. Je conseille  à ceux qui souhaitent  saisir l’âme de la musique arabesk et n’ont jamais eu la chance de passer une partie de la nuit dans un gazino (un vrai, pas un machin pour touristes),  de visionner au moins les premières séquences.

Est-il à l’origine de l’expression effet « damar« ? En tout les cas dans les années 90 certains de ses fans ont pris l’expression au pied de la lettre. Ils iront jusqu’à s’auto- blesser  avec des rasoirs, durant les fameux « jiletli konseri« . C’est dire jusqu’où peut aller l’expression de l’émotion en Turquie.

Moins d’effet damar dans les années 2000 et une inspiration sans cesse renouvelée.

Ici en duo avec la grande chanteuse pop Sezen Aksu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Musique(s) Arabesk, ça continue en Turquie : rock, folk, kolbastı …

Comme je m’y attendais un peu, la publication du premier billet sur la musique arabesk a donné lieu à un nouveau long commentaire de son auteur Meh. Un commentaire toujours aussi riche que je choisis  de publier lui aussi sous forme de second billet sur la ou plutôt les musiques Arabesk (en attendant que Meh se décide à chercher un éditeur et publie un livre sur la question. J’ignore si ça fait partie de ses projets, mais j’en profite pour lui suggérer l’idée).

« Je reviens sur votre blog après une longue période et découvre ce clin d’œil que vous me faites, je vous en remercie, si j’avais su j’aurais fait un exposé plus ample de la question.

Oui, les chansons que vous avez choisies me plaisent, comment cela ne pourrait-il pas être le cas ?  Bien évidemment, j’en aurais peut-être choisi d’autres, car les goûts et les couleurs… mais il aurait été très difficile de faire un choix. La vidéo de Ferdi Tayfur exprime selon moi l’esprit le plus radical de l’arabesk d’antan, où on va au fond du précipice sans hésiter et sans honte. Puisque le drame est là, autant le vivre à fond. Celle d’Ibo est sans conteste par contre une de ses plus belles chansons.

Quant aux autres noms que j’avais évoqué, je ne voulais pas surcharger mon commentaire et je m’étais restreint aux plus grands des grands J’aurais pu en cité bien d’autres. Remarquez s’il vous plait cependant que Esengül et Bergen que je nommais étaient des femmes, alors que vous écrivez à Bayram que dans ma liste il manquait des femmes !
D’ailleurs, un des « hits » arabesk de la grande époque est le fameux Taht Kurmussun Kalbıme de la première des deux, Esengül …

…tandis que Bergen, la seconde, blessée gravement à un œil puis assassinée par son mari jaloux a eu une destinée 200% arabesk ! De cette dernière je vous propose le superbe Sen Affetsen

Pour ceux qui ne connaissent pas encore voici la version ultra contemporaine et « rock arabesk » du groupe Fairuz Derin Bulut

http://www.dailymotion.com/video/xdumyr_sen-affetsen-ben-affetmem-fairuz-de_music

Mais, vous savez Anne, en ce qui concerne les années 1980 et 1990 , on se noie dans la quantité infinie de chanteurs et de musiciens (et donc de morceaux de musique !), à un point tel que je me demande si la Turquie contemporaine  surtout à cette époque charnière de son histoire, n’était pas et n’est toujours pas le pays qui produit le plus de création musicale ! En plus de tous les artistes cités plus avant, que ce soit la musique pop/populaire citadine s’inspirant à tout va appelée arabesk, fantazi, la musique populaire plus roots des chanteurs folk (Selda Bağcan après sa période plus rock, Sabahat Akkiraz, Güler Duman, etc…),  les débuts de la pop tout court (Ajda Pekkan, la grandiose Sezen Aksu etc.), les grands artistes rocks très « anatoliens » dans leur style (Moğollar, Cem Karaca, Bunalımlar, etc.) les grands musiciens de bağlama surtout quand ils sont ozan ou asık (l’immense Neşet Ertaş, Arıf Sağ, Musa Eroğlu, la relève avec Tufan Altaş, etc., etc.) et bien d’autres comme des chanteurs très marqués par leur terroir d’origine et leurs multi-talents (=arabesk!), comme le karadenizli Erkan Ocaklı complètement oublié mais dont une chanson a inspirée ces dernières années le mouvement très « djeun’s » du kolbastı…

(et cette vidéo de Kara Davut pour les malheureux qui n’ont jamais entendu parler du kolbasti, que certaines dansent même en robe de mariée. J’en profite pour pester une nouvelle fois contre la programmation de « la Saison de la Turquie », en rêvant de ce qu’elle aurait pu être. )

(à Diyarbakir, ça s’appelle şalvarbasti, s’est chanté en kurde et ils sont marrants)

… et par exemple son mémorable Hapishane İçinde :

Sinon, Anne, une seule chose : Zeki Müren n’était pas travesti ! Il avait des goûts fantasques, kitsch, il est était délicat puis devint de plus en plus efféminé, mais il se déguisait pas en femme. »

Et pour Bayram, autre fidèle lecteur de ce blog, Duydum ki Unutmuşsun,. d’Emel Sayin. Je l’ai choisie alors qu’elle n’est pas sa chanson préférée, pour faire un clin d’oeil à YOL de Yilmaz Güney, dont l’acteur principal Tarik Akan pleurait d’amour pour les superbes yeux bleus de la belle dans cet extrait du film Mavi Boncuk bien sûr.  Et pour rappeler aussi que l’Arabesk ça a été aussi énormément de films. La plupart des chanteurs et chanteuses  du « mouvement arabesk » (pris dans le sens large défini par Meh) sont aussi des acteurs et actrices de films.

Et comme Bayram, le rappelait dans un de ses commentaires, la junte militaire qui avait pris le pouvoir en 1980 détestait l’arabesk, interdit sur les ondes et sur l’unique chaîne de télévision d’Etat. Il faudra attendre l’arrivée au pouvoir de Turgut Ozal, pour qu’elle soit à nouveau à l’honneur. Il était lui même grand amateur d’arabesk, peut-être par provocation et  pour embêter ceux qu’on a plus tard appelés les Turcs Blancs (comme le pianiste Fazil Say absolument allergique à l’arabesk)

Je me souviens d’une jeune femme qui me disait s’inquiéter à la fin des années 80 de l’islamisation du pays (l’armée n’était pas du tout considérée  comme la gardienne de la laïcité alors !) et du mauvais goût affiché par les  nouveaux riches anatoliens.  Elle me prenait comme exemple le chef du gouvernement Turgut  Ozal qui selon elle se déplaçait régulièrement vitres ouvertes et musique arabesk à fond. En fait je crois qu’il ne l’a fait qu’une fois, mais ce n’était pas passé inaperçu. Ce n’était d’ailleurs pas le but.

Et pour terminer sur note humoristique, ce clip de Fairuz Derin Bulut que j’avais présenté sur un précédent billet.après l’avoir découvert sur l’excellent blog Erkan’sField Diary, qui prouve une fois de plus que ça déménage à Bilgi Universitesi.

 

Arabesk – pour fous de musique arabesk

Ça vaut la peine parfois d’écrire des sottises sur un  blog. Il y a quelques semaines, j’avais un peu légèrement sacré  Ibrahim Tatlises  » plus grande star de l’arabesk » dans un billet, ce qui avait valu ce long commentaire enflammé de Meh, un lecteur qui n’était pas du tout d’accord et  en sait bien plus que moi sur le sujet. Comme quoi, c’est souvent  par l’erreur qu’on apprend.

C’est ce commentaire que je mets en ligne sous forme de billet, en espérant que les chansons que j’ai choisies pour l’illustrer lui plairont.A lui et à tous ceux qui ne snobent pas l’arabesk et ses chanteurs « moustachus ». Quoique Zeki Müren et Bülent Ersoy ne soient pas vraiment des moustachus.

Voici donc la petite mise au point de Meh sur l’arabesk :

« Quelle qu’en soit la raison, il est heureux qu’İbrahim Tatlıses ne se (re)présente pas aux élections, et encore moins pour AKP. Politiquement et moralement c’est un personnage très controversé et mal considéré par ceux qui ne se laissent pas aveugler par son statut de superstar et mettent son talent de côté. D’ailleurs ces derniers temps  ce talent n’est plus que l’ombre de lui-même tant il a usé et usé de toutes les cordes de son arc – et de sa voix sur les plateaux de sa propre émission de télé …

Vous parlez de lui comme étant « La plus grande star de la musique arabesk », ce à quoi je m’érige en faux ! Il faut savoir ce qu’on entend par arabesk : Ce n’est pas un style musical aux limites bien définies. C’est aussi un terme  à l’origine français pensé comme une insulte par les arrogantes et méprisantes élites du pays et que le peuple a repris à son compte. Arabesk était l’expression du peuple turc, la majorité des petits, ruraux, nouveaux urbains et classes populaires urbaines, malgré la misère et les répressions en tous genres. Donc si vous entendez par ce terme tout un pan de la musique populaire intégrant des sons et des influences de partout (des folklores régionaux, de la musique classique traditionnelle, de l’étranger – occidental comme oriental – etc.) sans singer la musique occidentale (référence des élites) et à laquelle le peuple, classes populaires et moyennes,  dans sa presque totalité adhérait et se retrouvait – souvent d’ailleurs dans une nostalgie et une mélancolie exprimée sans inhibition – surtout avant le putsch de 1980, alors İbrahim Tatlıses n’est pas du tout « la plus grande star » de l’arabesk !!!

Orhan Gencebay et  Erkin Koray (version plus « rock ») sont peut-être les dieux de ce qu’on appelle communément l’arabesk.

D’autres ont été connus et vénérés (avant et parfois même plus qu’Ibo) : Ferdi Tayfur, Müslüm Gürses, Esengül, Bergen et bien d’autres encore. Ibo n’est qu’un d’entre eux.

Si on y ajoute le style très proche dénommé communément fantazi, on retrouve deux autres dieux de la musique turque contemporaine : Zeki Müren et Bülent Ersoy, à côté de qui Tatlıses ne fait pas le poids si ce n’est qu’avec ses entreprises business, ses prétentions « politiques » et ses émissions de télé régulières il s’est imposé dans le paysage du show-biz commercial turc.

L’arabesk de cette dernière décennies (celle de l’ouverture démocratique sous surveillance, celle du fric…) n’est pas cette variétoche damar (les veines, allusion au suicide) aux mélodie kitscho-tristounettes sans aucune instrumentation et interprétation dignes de ce nom que certains veulent nous vendre à grand coups de marketing. Ibo lui-même a participé à la « bling-blingisation » du secteur en devenant une star de cabarets chics et bourgeois tandis que son chant, autrefois magique, est devenu presque parfois insupportable. Parti de rien et devenu milliardaire, imbu de sa personne et violent, Ibo n’est qu’un humain comme d’autres, et le génie fusionnel de l’arabesk continue heureusement  à vivre sous d’autres étendards que celui-ci avec de jeunes artistes qui continuent à explorer les univers musicaux turco-anatoliens au goût d’aujourd’hui.

Quant aux nouveaux urbains issus de l’exode rural et des transformations radicales de la société auxquels l’arabesk a correspondu, ces anciens campagnards et leurs descendants, dont beaucoup ont accédé au statut de classe moyenne, il n’y a pas que AKP qui en fait « sa base de l’électorat », mais TOUS les partis politiques puisque tous ces gens composent la grande majorité de la population (il n’y a qu’à voir le dirigeant actuel de CHP). Et pour revenir à Ibo, il serait intéressant de savoir ce qui a dérangé le plus les décideurs de AKP : sa stature d’artiste, de chanteur à la voix légendaire, de Don Juan amateur de chanteuses et danseuses, de mafioso trouble et au caractère ultra violent ? »

C’est parce que le petit Ibrahim n’était pas encore « une star des cabarets chics »,   quand il chantait Ayağında Kundura, que je l’ajoute. Impossible de résister….

A Suivre

Aglama, Fazil Say – ne pleure pas

 

C’est sa fête sur le site d » Erkan’s field diary. Il faut dire qu’il y a de quoi. La dernière de Fazil Bey est qu’il a honte pour son peuple, qui ne lui en demandait sûrement pas tant. Et de quoi a-t-il honte ce virtuose ? Du goût des Turcs pour la musique arabesk !

Bon, personne n’est obligé d’aimer la musique arabesk. Mais qu’il ait honte que d’autres l’aiment !!!… Il se prend pour leur père aux amoureux de l’arabesk ? Ce mépris ou cette condescendance du bourgeois pour des goûts trop populaires et pas assez raffinés à son goût, est insupportable. Quoique le ton condescendant serait plutôt l’apanage du bourgeois français, teinté en général  d’une ironie qui se veut légèrement décalée toute aussi imbuvable, quand il est branché.  Les engouements du peuple n’étant alors tolérés voire partagés que s’ils sont revisités par un artiste contemporain.

Chez Fazil bey, c’est l’arrogance bourgeoise  affichée sans le moindre complexe.

Il ne faut pas pleurer comme ça, Fazil bey. Mais quand on est malheureux, rien de tel qu’une chanson pour faire pleurer son âme un bon coup. Ensuite ça va mieux. Comme sur Yol TV, je lui dédis Aglama, qui devrait le consoler un peu.

 

J’adore son côté mauvais garçon d’Urfa à Ibo. Comme il a commencé par un Agit kurde (sublime), il demande faussement naif en reprenant un accent kurde d’Urfa  « – Maintenant je chante en turc.  C’est mal ? (honteux )- NON !!! (les fans ne trouvent pas ça honteux)  – parce que si c’est mal , il faut le dire » – Evidemment Aglama, c’est en coeur avec le public. On est star ou on ne l’est pas. Ca se cultive; mais ne s’invente pas.

Je rassure au cas où, Ibo ne fait pas de propagande pour une organisation illégale sur le montage vidéo. C’est seulement parce qu’ il a gagné un prix qu’il fait le signe de la victoire sur une des photos. A l’époque on le faisait, comme partout ailleurs dans le monde. D’ailleurs il faut reconnaitre qu’il a plutôt une bonne tête bien pacifique sur la photo où il fait le signe de la victoire (dit aussi iki pour les petits).

La musique arabesk j’aime surtout dans les gazinos. La dernière fois que j’y suis allée c’était avec un Urfali justement. Rencontré au cours d’un voyage. Faute de correspondance nous étions  bloqués pour la nuit dans une petite ville  et nous avions pris le même hôtel avec lui et son cousin. Un ingénieur qui bossait sur une base de Tikrit en Irak à la reconstruction de l’aéroport et s’était précipité sur une bière et les journaux turcs en arrivant à la frontière. L’alcool était interdit sur la base US. La veille encore plusieurs roquettes l’avaient frappée. Et autant éviter tout ce qui pourrait être interprêté comme une provocation dans le fief de Saddam Hussein. Et quand on veut éviter  aussi le risque que toute tension explose sur ces bases où tout le monde était confiné pendant des mois, la consommation d’alcool n’est sans doute pas très recommandée non plus.

Il m’avait proposé d’aller dîner. Je pensais qu’on irait dans une lokanta. Et j’avais envie de continuer à papoter avec un Urfali qui venait d’extrader son cousin de Tikrit  (il était alllé chercher l’ingénieur) – ce n’est pas Fazil Say qui serait capable de faire  ça! En plus j’avais faim. Donc OK pour aller dîner. Le cousin est resté à l’hôtel lire ses journaux, mais un autre convive nous a accompagné.

C’était marqué « canli musik » au bas de l’escalier – j’aurais pu me douter du genre de restaurant. Mais je ne m’y attendais pas du tout. Je pensais juste qu’il y aurait des musiciens. J’ai compris dès qu’on est entré dans la salle. Lumières tamisées rouges, bougies sur les tables un peu crasseuses, orgue au fond de la salle, chanteuse en tenue orientale. En fait j’aime bien ce genre d’endroit, mais ça sentait un peu le plan drague. Ca devait être le seul endroit de la ville où on peut dîner avec alcool. Et c’est sans doute pour ça qu’ils l’avaient choisi.  J’ai donc pris un air de Hanim Efendi un peu scandalisée « mais c’est un pavyon ici  ? !! « .  On a appelé  les serveurs à la rescousse pour me rassurer, « non non, c’est un gazino tout à fait respectable ».

Là où c’est devenu drôle c’est quand la chanteuse est venue chanter à notre table. Son string rouge était bien apparent sous sa jupe orientale blanche. L’effet était voulu, mais ça ne faisait pas tellement gazino respectable.  Ils se sont empressés de lui donner un paquet de billets pour qu’elle dégage. Elle avait à peine commencé sa chanson. Mais elle n’a pas compris (ou elle a fait semblant de pas comprendre) qu’il y avait une hanim efendi à la table.. Et elle s’est assise à côté de moi pour boire un verre avec nous – et augmenter sa recette. Elle m’a dit qu’elle était turque, mais son « Türkiye seviyormusunuz?  » avait un léger accent que je n’ai pas trouvé très turc.

Il ne faudrait pas que Fazil Say apprenne qu’il existe des lieux comme ça en Turquie, il risquerait d’en tomber malade, le pauvre.

 

Et pour ceux qui ne veulent pas bouder leur plaisir, quelques images et sonorités très arabesk (et très années 80 ) de Ferdi Tayfur avec ses kader, uzak, gurbet etc….Huzurum Kalmadi . Et franchement, est-on  complètement normal quand on a honte de ça ?