Demirtas : un leader pour les médias – Et un leader pour les Alévis enTurquie ?

Demirtasvictoire Le Guardian à l’instart de nombreux médias occidentaux vient de publier un long portrait de Demirtas. La couverture médiatique intense dont le charismatique leader kurde bénéficie depuis qu’il s’est révélé le  tombeur de l’indéboulonnable Erdogan à l’élection du 7 juin dernier est naturellement une très bonne nouvelle pour les Kurdes de Turquie.
Depuis cette date des centaines de leurs militants et 20 co maires de ville petites ou moyennes (qui pour certaines venaient de se déclarer autogérées) sont allés peupler les prisons turques il est vrai.Ils peuvent cependant espérer que la Turquie hésitera peut-être davantage sous de tels projecteurs d’y envoyer les maires des grandes villes kurdes comme Van ou Batman, des sections entières du parti kurde, des militants de son réseau associatif ou des dizaines de journalistes kurdes, comme cela s’était passé lors des grandes rafles du KCK en 2010, sans que cela n’émeuve énormément..

Ils peuvent d’autant l’espérer qu’à cet engouement pour Demirtas et son mouvement s’ajoute le fait que les combattants kurdes toutes fractions confondues y compris les YPG, la branche jumelle du PKK en Syrie, sont devenus les plus sûrs alliés des États-Unis en guerre contre les jihadistes en Syrie et en Irak. Il ne faut pas oublier que c’est avant tout ce statut d’alliés de l’Occident lors de la première guerre du Golfe en 1992 qui avait permis aux Kurdes d’Irak de sortir de l’indifférence dont ils étaient l’objet puis de construire leur (difficile dans un premier temps) autonomie sous les auspices occidentaux. Le tour est venu de la fraction kurde de Turquie. Et si celle-ci n’avait pas eu de mal à convaincre ces mêmes Occidentaux d’inscrire le PKK sur une liste d’organisations terroristes de ce fait interdites, elle a bien moins d’espoir cette fois de réussir à y faire admettre les YPG et le PYD, même s’il s’agit d’organisations sœurs.
Il est vrai aussi que cette volonté affichée par Erdogan ,qui a axé toute sa campagne sur la « menace terroriste PKK/YPG/PYD » ,est sans doute davantage une posture électorale qu’une réelle ambition (sauf s’il a perdu complètement pied avec la réalité et le premier ministre lessivé par 6 mois de campagne avec lui)
Cela dit en Turquie tout le monde a compris ce qu’Erdogan veut dire quand il va jusqu’à accuser l’Ambassade américaine d’avoir organisé la campagne électorale du HDP, s’attirant une fois plus  une réplique humoristique bien balancée dont Demirtas a le secret, suivie d’un démenti excédé de l’ambassade. Mais le fait est que la nuit où l’aviation américaine effectuait son premier bombardement sur Kobane (et plus tard y larguait des armes) pour soutenir les YPG qui résistaient depuis des semaines à armes inégales contre l’État Islamique  le vent a tourné pour le mouvement kurde de Turquie qui de son côté n’a jamais été aussi uni. Et cela a de quoi inquiéter en Turquie.

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Autant dire que les Kurdes de Turquie vont continuer à intéresser les médias occidentaux. Le fait qu’ils aient avec Demirtas un leader dont le charme et l’esprit ne doivent rien aux agences de communication et  serait  de plus « la seule personnalité politique de Turquie qui pourrait être à sa place dans n’importe quelle capitale européenne » selon l’article du Guardian,ne peut que renforcer cet intérêt.

Cet article évite la manie  de faire de Demirtas « l’incarnation de Gezi ». Il est vrai que la nouvelle guerre -pour ne pas dire jihad! – lancée contre les Kurdes depuis l’attentat de l’État islamique à Suruç qui a tué 34 sympathisants du HDP pour la plupart Kurdes alévis et militants du ESP (un parti de  la gauche radicale membre de la coalition HDP)  a quand même éclipsé les grandes mobilisations de l’été 2012.

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Mais qu’est-ce qu’on l’a lu et entendu que« la victoire du HDP de Demirtas était  celle de Gezi »en juin dernier.Apparemment, certains l’avaient beaucoup vu haranguer la foule sur la place Taksim ce printemps là. J’avoue que je l’ai loupé. Certes Sirri Sureyya Önder député d’Istanbul du parti kurde (BDP)qu’il co dirigeait y était dès les premières heures de la révolte, faisant barrage de son corps aux bulldozers décidés à arracher les arbres du petit parc. On pouvait penser qu’il en deviendrait un des porte drapeau. Mais cela n’a pas été vraiment le cas.
C’est surtout grâce à l’intelligence politique d’Öcalan (peut-être bien conseillé) qui de sa prison dans l’île d’Imrali envoyait son salut à Gezi, que le mouvement kurde et le drapeau du parti ne sont pas restés complètement en dehors de l’histoire. Mais pas plus le mouvement kurde que les mineurs ou les ouvriers du bâtiment ou des ateliers de textile n’étaient des acteurs de Gezi, même si les Kurdes étaient bien présents – et les Kurdes alévis en masse – dans les manifestations,faisant office de « pare-choc » aux milliers d’étudiants ou aux architectes, moins familiers qu’eux des violences policières
Qui peut d’ailleurs croire qu’un hôtel de luxe d’Istanbul aurait accepté de servir de refuge à des ouvriers ou des Kurdes pourchassés par des forces de l’ordre déchaînées? Je doute même qu’une mosquée d’Istanbul l’aurait fait..
Mais quand les foules exprimaient leur colère dans les villes de l’Ouest du pays, celles de l’est kurdes restaient si sages que des Tomas (camions à eau) ont même pu être expédiés depuis Diyarbakir pour mater « les brigands de l’ouest » . Le parti kurde se gardait bien d’entrer dans la danse et de mettre la région en ébullition alors qu’un processus de paix entre le PKK et l’État turc venait juste d’être entamé.

Seule la province alévie de Dersim fief de la gauche radicale s’était mobilisée, dans ce qui a été entre autre une révolte alévie. Les 7 tués du printemps turc étaient d’ailleurs tous alévis. Dès 2002 les Alévis avaient  formé l’opposition la plus réfractaire à l’AKP pro sunnite. Mais depuis qu’Erdogan a décidé qu’il libérerait les Sunnites syriens du joug du tyran alaouite, ils ont même commencé à se sentir menacés, non sans quelques bonnes raisons. « Pour Erdogan les Alévis sont des ennemis» résumait l’un d’eux.
Les Kurdes alévis, base des partis d’extrême gauche dont certains étaient déjà les alliés du parti kurde au sein de la plate forme BDP, nationalistes kurdes ou même sympathisants CHP étaient probablement les principaux destinataires du  salut qu’Öcalan envoyait à Gezi. Le parti des minorités ne devait à aucun prix les perdre et si possible, il devait gagner ceux qui n’étaient pas déjà acquis.

Le 7 juin dernier de nombreux Alévis, surtout kurdes mais pas seulement  délaissaient le  CHP  pour voter pour  HDP, poursuivant un mouvement entamer lors de la présidentielle de l’été 2014.

Ainsi Dersim, le fief de Kemal Kiliçdaroglu le leader du CHP envoyait deux députés HDP remplacer ses traditionnels députés CHP, parfois issus  de l’extrême  gauche

Salih-Firat-Tayyip-Erdogan

A Adiyaman (province mixte à majorité kurde où vit une assez importante minorité kurde alévie) c’est carrément le président du CHP, ancien maire de la ville jusqu’à ce qu’il en soit détrôné par AKP en 2004, qui ralliait officiellement le HDP à quelques semaines des élections. Et pour la première fois un député HDP était élu dans cette province exclusivement AKP depuis que Salih Firat le dernier député CHP qui lui restait (un sunnite disaient les mauvaises langues alévies de la ville) ralliait l’AKP, en omettant d’avertir ceux qui l’élisaient de son projet « Il doit être devenu très riche » me disait ensuite un de ses électeurs kurde alévi naturellement furieux.
Dans cette province le candidat pro kurde ne récoltait que de 6.5 % des voix aux législatives de 2011, Demirtas faisait grimper le score à 15.6 à la présidentielle de 2014 et le HDP récoltait 22.7 le 7 juin.
Le CHP qui ne perdait qu’un point (de 16.6 à 15.5%) entre les législatives et la présidentielle chutait à 11 % en juin et n’avait aucun député.
AKP quant à lui passait de 67.4 % des suffrages à 58.2 % envoyant toujours 4 députés d’Adiyaman sur 5 à Ankara, mais Salih Firat y est peut-être sur un siège éjectable. La publicité que l’Etat islamique a fait pour la ville d’Adiyaman d’où sont originaires les trois jihadistes responsables des trois attentats qui ont ensanglanté le pays depuis le 5 juin dernier (à Diyarbakir 5 tués, à Suruç 34 et à Ankara 102 tués) ne doit pas y faire les affaires de AKP.

On remarque la même progression du vote HDP dans des provinces (Gaziantep 15.2 % pour HDP contre 5.5 en 2011) districts (Pazarcik dans la province de Maras : 22.7 contre 3 % en 2011) ou dans les quartiers de grandes métropoles comme le fief CHP de Sisli à Istanbul (26 % contre 4 % en 2011) où se concentrent de fortes minorités alévies.

Quelques drapeaux turcs (à l’effigie d’Ataturk!) ont peut-être donné le coup de pouce nécessaire. Mais c’est bien davantage grâce au talent de Demirtas et au choix de candidats alévis à même de les séduire dans les têtes des listes HDP à Istanbul ou à Izmir les Kurdes -et certainement aussi de nombreux Turcs -alévis votaient en masse pour le HDP au détriment du CHP. A force de se focaliser sur Demirtas on oublie un peu vite les autres candidats. Or de toute évidence les listes HDP ont été très soigneusement élaborées. Certaines d’ailleurs, comme à Urfa ont été remaniées pour l’élection du 1 novembre, quitte à faire quelques petites entorses à la sacro sainte parité.

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Erdogan qui n’avait de cesse de brandir son Coran en kurde et d’accuser le HDP d’être un parti de « mécréants » n’est parvenu qu’à le rendre plus populaire près des Alévis. Cela a eu le même effet sur les Kurdes sunnites. A commencer par les plus religieux parmi eux qui n’ont pas beaucoup apprécié qu’il leur donne des leçons de la sorte. Dans le genre dindar (bigot) beaucoup ont préféré Altan Tan (HDP)

Si comme tout le monde l’a bien remarqué AKP a perdu une large fange de son électorat kurde (sunnite) considéré à mon avis à tort ou du moins avec  une certaine exagération comme les Kurdes les plus pieux, cela a aussi été le cas pour le CHP, même si c’est dans une moindre mesure. Surtout comme cette perte a été compensée par un apport de voix venues elle aussi de l’AKP elle a été moins visible. Mais pour ma part plus que jamais je continue à penser que le HDP est avant tout le parti des Kurdes et des minorités en Turquie.
Depuis il y a eu l’attentat de l’État islamique à Suruç. Et en Turquie tout le monde l’a compris : outre le HDP (et la gauche radicale) il visait les Kurdes alévis, victimes de nombreux massacres avant et depuis la naissance de la République. Le dernier d’une longue série était l’incendie de l’hôtel Madimak dans lequel 33 Alévis ont péri brûlés en juillet 1992. Or cela Erdogan et Davutoglu ont obstinément refusé de le reconnaître. Ils ont délibérément choisi au contraire de prétendre que l’unique cible de ces attentats était l’unité du pays et leurs auteurs le résultat d’une inimaginable collusion entre l’État islamique, l’extrême gauche, le PKK, le PYD kurde de Syrie et les services secrets (sous entendus alaouites) d’Assad.
Entendre : les Kurdes (PKK/PYD) + Alévis (extrême gauche, Assad) ces éternels dangers pour l’unité du pays conçue comme la synthèse turco sunnite chère aux nationalistes turcs (Vatan Bozulmak) sont les coupables et non les victimes de cette série d’attentats, dont le plus meurtrier de l’histoire de pays.
Autant dire que les Alévis ont de bonnes raisons de se sentir menacés dans une Turquie dirigée par un parti AKP qui semble bien s’être mué en parti ultra nationaliste-sunnite depuis qu’Erdogan en est le seul maître.

« Pour défendre la cause alévie, un leader sunnite ouvert aux alévis serait bien mieux placé en Turquie qu’un leader alévi » estimait bien avant ces attentats une jeune femme turque alévie, plutôt sympathisante CHP (c’était après les élections municipales d’avril 2014) Lequel entre Kiliçdaroglu (alévi) et Demirtas (sunnite ouvert aux alévis) les électeurs alévis estimeront le mieux à même de les représenter ? Une seule chose est sûre, le taux d’abstention sera ultra faible le dimanche 1 novembre parmi les Alévis de Turquie.

 

Newroz 2014, élections du 30 mars et « référendum pour l’autonomie ».

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Transformer les élections municipales (et de province) du 30 mars prochain en référendum est à la mode en Turquie ces derniers temps. Elle a été lancée par le chef du gouvernement AKP   Recep Tayyip Erdogan   pour qui elles doivent tenir lieu de test de popularité  et de « tribunal populaire devant absoudre ses proches des suspicions de corruption qui les accablent.  Pas de raison que les autres partis n’en fassent pas autant.

C’est en tout cas le choix que fait aussi le BDP, le parti kurde, branche légale du PKK, qui selon toute probabilité va remporter de nouvelles villes . Il est très probable qu’Ahmet Türk remporte la mairie de Mardin, actuellement AKP  et il y aura certainement  d’autres surprises.

 

Alors que vendredi 21 mars une nouvelle lettre d’Öcalan, le leader du PKK emprisonné sera lu à la foule, le KCK (branche politique du PKK) a donné le ton. La fameuse « autonomie démocratique » c’est maintenant que le peuple va la décréter, fait-il savoir par son agence de presse,  Firat Haber, le jour où Yüksekova fête Newroz.

En fait l’autonomie avait déjà été décrétée, un 14 juillet, il y a deux étés.  Mais une violente attaque du PKK, dans laquelle une quinzaine d’appelés avaient été tués,  venant rompre un cessez le feu, lui  avait volé la UNE. Ensuite, pendant plus d’un an, plus personne n’avait pu rendre visite à Öcalan dans sa prison d’Imrali. Il n’avait réapparu que pour mettre fin à une longue  grève de la faim que tous les prisonniers politiques du mouvement , même ceux qui en avaient été dispensés pour raison de santé les premières semaines, avaient fini  par suivre. Juste à temps sans doute pour éviter que les premiers grévistes ne succombent (et que la rue kurde et d’extrême gauche n’explosent).

Quelques mois plus tard, Öcalan devenait l’interlocuteur de l’Etat turc dans un processus de paix (süreç), « officialisé » dans une lettre lue devant des centaines de milliers de personnesn  au dernier Newroz de Diyarbakir. Et pour la première fois depuis le début du conflit, en 1984, l’armée aussi respectait un cessez le feu. C’est la principale avancée de ce processus. Pour le reste, malgré les nombreuses navettes entre Imrali et les camps de Qandil entrepris par les députés BDP autorisés à rencontrer Öcalan, il semble  bien enlisé.

Décréter ce « référendum populaire » est sans doute une façon de le relancer, tout  en prenant la main.

En fait, si j’ai bien compris,   ce sont  les foules affluant aux festivités de Newroz tout autant que les résultats aux élections qui devraient avoir valeur de référendum pour l’autonomie. Je ne suis pas certaine que cela soit une façon très démocratique de choisir son autonomie. Et je ne vois pas bien  ce que cela peut signifier dans les faits(on devrait bientôt l’apprendre).  Mais une chose est claire :  le mouvement kurde n’a pas l’intention de céder sur ce point dans la suite du processus…Si suite du processus il y a. Pour le moment l’avenir est quelque peu incertain en Turquie.Et quand  Erdogan accuse ses anciens alliés fethullah avec lesquels la guerre est déclarée de vouloir briser le processus de paix, il n’a sans doute pas complètement tort.

En attendant l’autonomie, ce Newroz est aussi placé sous le signe de la liberté pour Öcalan, le fondateur du PKK et le « vrai basbakan » de ses sympathisants. Un seul ordre de lui (sans doute  bien préparé en amont) et tous les commandants ont cessé le feu…Même si pour le retrait en deçà des frontières, ils ont davantage traîné les pieds : moins du quart des combattants auraient quitté le pays.

La liberté pour le Kurdistan n’est pas oublié non plus. Ni Sakine Sansiz assassinée à Paris, il y a un peu plus d’un an.

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Newroz avec W, c’est le nouvel an traditionnel kurde, certes, mais depuis son interdiction stricte dans les années 80, c’est une fête politique, celle du mouvement kurde. Et maintenant que le fondateur du PKK est devenu un interlocuteur reconnu de l’État turc, plus besoin de louvoyer. A Yüksekova ce jeudi 20 mars, ce sont les symboles du PKK qui sont clairement  affichés à la tribune.

Et ses guérillas qui sont à l’honneur et  dont on abhorre la tenue, à Newroz comme dans les mariages. (parmi eux se mêlent peut-être de vrais  guérillas venus fêter Newroz. Allez donc savoir).

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J’entendais dernièrement une personne « spécialiste  » de la Turquie affirmer que l’idéologie du PKK était en perte de vitesse parmi la jeunesse kurde. Elle n’a pas du se rendre souvent dans les provinces kurdes de Turquie (ni dans certains quartiers d’Istanbul) pour dire des choses pareilles . L’idéologie, je ne sais pas (ni d’ailleurs si on peut toujours parler d’idéologie, le PKK me paraît avant tout une organisation nationaliste kurde), mais à ce que j’en vois, les sympathies des enfants des anciens militants des organisations kurdes jadis considérées comme ennemies, vont très souvent au PKK, qui ne donne pas du tout l’impression d’être en perte de vitesse chez les jeunes, même si les opinions sont évidemment diverses au sein de la jeunesse kurde.

 

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Plus colorés les costumes des filles de Yüksekova . Ces coiffures à pompons sont des coiffures traditionnelles de la province d’Hakkari

 

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Les garçons aiment cependant les mêmes  couleurs…(rouge vert jaune ).

 

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Sans commentaire et sans photo montage.

Et à Diyarbakir la foule sera naturellement bien plus nombreuse. Les Kurdes parlent d’un « Newroz historique ». Des milliers d’invitations ont été lancées. Hero Tabalani, la femme du président irakien et le fondateur du PUK (Yetiki), y représentera son époux, hospitalisé depuis de longs mois. Elle est arrivée dans la ville.  Barzani a été  invité lui aussi, mais pas le chanteur Siwan Perwer…

Mais il est peu probable que ce Newroz  de Diyarbakir, aussi historique soit-il, face la UNE de l’actualité en dehors de la région  kurde. En effet, la Turquie vient de découvrir que TWITTER a été bloqué peu avant minuit , quelques heures à peine après le nouveau  coup de sang de Recep Tayyip Erdogan contre le réseau social, lors d’un meeting à Bursa. « Nous allons éradiquer Twitter. Qu’importe ce qu’en pense la communauté internationale.  Tout le monde va apprendre ce qu’est la force de la République de Turquie ! ». Les millions d’utilisateurs du pays vont être les premiers à l’apprendre et pas certain qu’ils vont beaucoup apprécier la force de leur  République….

Et la droit de twitter en toute liberté pourrait bien être d’actualité aussi au Newroz de Diyarbakir. Tous les candidats du BDP partagent leurs images de campagne sur des comptes Twitter.