L’animatrice Müge Anli « interdite de séjour » à Van, mais pas sur la chaîne ATV

Müge Anli, animatrice du programme « Kayip » (sorte de perdus de vue) n’est pas la seule pétasse à avoir fait étalage de son racisme crasse sur les chaînes de TV turques, le lendemain du séisme de Van.   La  présentatrice d’un journal TV de la chaîne Haber Türk a eu cette charmante formule par exemple : « Même pour Van, on est attristé ». Ils ont apprécié le « même » là bas…

Mais malgré les vagues « regrets » qu’elle a ensuite publiquement exprimés,  sans doute à la demande de la chaîne, c’est sur  la (fausse) blonde donneuse de leçon que se  focalise la colère des habitants de la région. Et pas seulement celle de ceux qui ont des petits frères « lanceurs de pierres », ou des grands frères,  grandes sœurs ou cousins dans la montagne. Tous ceux qui m’en ont parlé étaient furieux.

La vidéo de l’émission dans laquelle la bien mal nommée « Müge » (Muguet) s’offusque que ceux « qui tuent des soldats et dont les enfants jettent des pierres sur la police osent attendre que l’État turc leur vienne en aide », est sur toutes les pages facebook des jeunes (pro BDP) de Diyarbakir. Mais une famille rencontrée à l’otogar d’Erçis, où j’attendais un bus pour retourner sur Tatvan était tout autant ulcérée.  Des électeurs AKP . Enfin, c’est ce que j’ai déduit à « notre gouvernement fait du bon travail » décrété par un des garçons.

Quitter Erçis, dimanche dernier pour rejoindre Tatvan, à 150 km  avait été une sacrée galère. Il soufflait un vent glacial. Pas question de s’en protéger  dans l’otogar : elle n’est pas par terre, mais le bâtiment est penche dangereusement. Quand j’y suis arrivée, le premier bus pour Tatvan partait deux heures plus tard. 2 heures donc à attendre, dans une tenue prévue pour une température de 20°, un bus qui a fini par arriver… mais quasiment complet. Seuls, une partie des passagers qui attendaient complètement frigorifiés  ont pu y monter. Je n’en faisais pas partie.

Heureusement, sur la route où on nous avait envoyé attendre ce bus, il y avait une boulangerie encore en état de fonctionner. Les boulangers nous ont offert de nous réchauffer près du four (quel bonheur!) . C’est au chaud que j’ai pu attendre jusqu’à ce que  des professeurs qui retournaient à Tatvan arrêtent un camion qui a accepté de nous prendre à son bord : eux deux, une petite lycéenne voilée, pensionnaire à Agri, et moi. J’étais arrivée à Ercis avec des sympathisants BDP. Je quittais la ville en compagnie de sympathisants AKP. Et à nouveau en camion.

J »avais partagé ces heures d’attentes glaciales et des thés,  que nous buvions  pour faire semblant de nous réchauffer, avec cette famille, elle aussi sympathisante AKP. . (enfin je présume). J’ignore s’ils étaient Kurdes ou Turcs – assez nombreux dans la région. Peut-être les deux. Ils étaient originaires d’Ercis (et d’Adilcevas – où ils tentaient de se rendre –  pour l’autre parent) et étaient venus d’Istanbul où ils résident, pour les funérailles d’un de leur cousins, un des nombreux professeurs de la ville  victimes  du séisme. Un jeune homme qui n’était pas encore titulaire.

C’est eux qui ont évoqué Müge Anli. Et au moins sur ce point là, ils partageaient la même colère  avec les sympathisants BDP. Le même discours aussi « Elle a vraiment intérêt à éviter  la région de Van à l’avenir » ! C’était sans doute une hyperbole, mais tous, quelque soit leurs sympathies politiques prédisaient,  qu’il y en aurait « pour lui régler son compte » ! (cela étant, le risque pour elle est minime :  c’est une région où elle n’aurait sans doute jamais l’idée de se rendre ! Trop loin de Bodrum, Van)

Je doute fort pourtant que les membres de cette famille éprouvaient une grande sympathie pour « les enfants qui lancent des pierres sur la police », ou pour ceux qui « tuent les soldats ». N’empêche qu’ils estimaient qu’elle avait insulté leurs morts et tous les sinistrés.

Les émeutes dans la villes AKP d’Erçis où vit aussi une forte minorité turque, se font plutôt rares. Jamais entendu parler. J’ignore si les voitures de police s’y font souvent caillasser, mais le chauffeur du camion dans lequel j’avais grimpé à Diyarbakir, nous a raconté que son immatriculation 21 (Diyarbakir), lui avait valu d’y avoir son pare-brise caillassé – avant le séisme bien sûr. Évidemment ce n’était pas par des sympathisants du PKK.(mais par de  bien  « braves » lanceurs de pierres, ceux là, comme toutes les « müge hanim » les aiment).

Mais pour la cervelle d’une Müge Hanim, Kurdes   =   terroristes, bons à périr ensevelis sous leurs maisons. C’est bien ainsi que tous l’ont entendu.

Les propos de l’animatrice  ont scandalisé absolument tous ceux qui de près ou de loin ont été touchés par la catastrophe de Van. Pour la chaîne ATV par contre, ils ne constituent qu’un léger dérapage. Malgré les centaines de morts et les dizaines de milliers de sinistrés insultés par ces propos, la chaîne n’a pas jugé utile de se séparer de son animatrice vedette.

Par contre tous les gamins qui lancent des pierres, tous ceux qui rejoignent la montagne, mais aussi tous ceux qui ne le font pas, savent très bien que si  une animatrice kurde avait proféré des propos du même niveau de racisme en parlant d’une ville à majorité turque,  elle n’aurait sûrement pas fait long feu sur le plateau !   Et  qui ne le sait pas en Turquie ?

Quant à ces gosses qui lancent des pierres sur les voitures blindées de la police, ils sont symptomatiques d’une génération en colère : celle qui a grandi pendant la sale guerre des années 90. Cette colère ne disparaîtra pas par enchantement, et évidemment, la tolérance de la chaîne ATV pour les propos racistes de son animatrice ne fait que l’alimenter.

 

 

 

 

 

 

Van sinistrée devenue symbôle d’unité en Turquie (Van için tek yürek )..

« Un souffle de fraternité anime les sauveteurs », vient de déclarer Demirtas, le président du BDP, le parti pro kurde, en évoquant la vague de solidarité qui a submergé le pays pour les sinistrés de Van. Alors que ces dernières semaines, la fameuse « fraternité » (kardeslik) turco kurde prônée par l’AKP de Recep Tayyip Erdogan semblait de plus en plus résonner comme un slogan creux et que  le pays paraissait  à deux doigts de se fissurer gravement, ce sont les fissures  de l’écorce terrestre qui révèlent ce qui fait son unité.

Il y a bien des imbéciles indécrottables pour  voir une vengeance divine pour les soldats tués,  dans la catastrophe qui vient de frapper une province  majoritairement kurde et dirigée par le BDP. Cette pétasse de Müge Anlı par exemple. animatrice d!emissions debiles genre Perdus de vue…et qui se scandalise que « ces gens qui tuent des soldats et dont les enfants jettent des pierres sur la police demandent aujourd’hui de l’aide »

http://www.dailymotion.com/video/xlwb82_muge-anly-dan-van-depremi-ile-ilgili-yok-sozler_shortfilms

 

Mais ces racistes profonds ne font pas le poids face aux solidarités avec les populations sinistrées  qui se manifestent dans tout le pays.

« Van ayakta, Turkiye ayakta » (Van debout la Turquie debout), » Türkiye Van için tek yürek » (la Turquie d’un seul  cœur pour Van) etc…Le séisme  du 23 octobre, a engendré  un retournement des slogans criés lors des manifestations dans l’Ouest du pays, qui avaient suivi  les attaques du PKK à Hakkari, la semaine dernière.  Attaques révélatrices une  guerre d’intensité  de moins en moins basse entre le PKK et les forces de l’ordre. Aujourd’hui dans les médias, ces solidarités éclipsent largement la nouvelle du franchissement de la frontière irakienne  par des bataillons noirs, ces nouvelles troupes d’élites turques.  »  72 millions contre la violence  7.2 à Van », proclame  un autre slogan.

« Silahlar (les armes)  Van minute » titre aujourd’hui un article de Radikal (Van – Wan – se prononce « one » en kurde), –  pastichant la célèbre sortie de Tayyip Erdogan à  Davos. Et les médias relèvent  aussi que ces dernières 48 heures, il n’y a eu aucune attaque du PKK contre les forces de l’ordre. Pas de nouvelles arrestations non plus dans les milieux proches du BDP. Encore trop tôt pour parler d’une véritable trêve, mais déjà suffisant pour être relevé comme un signe.  Face au malheur qui frappe la région de Van, l’heure n’est peut etre pas à la violence.

Toutes les solidarités qui s’expriment montrent une fois de plus que  ce n’est pas plus une religion commune (l’islam sunnite) introuvable,  qu’une langue commune (le turc – au prix de la disparition des langues minoritaires),  qui fonde  le sentiment d’appartenir à une même  communauté. Ça se situe ailleurs.

Et ce qui est valable pour la Turquie, l’est tout autant pour la France. Rien de plus crétin que  la fameuse campagne destinée à fonder un sentiment d’unité nationale sensé avoir disparu que les Français ont du subir il y a quelque temps,  et qui sous couvert de laïcité semblait surtout vouloir prouver qu’on ne pouvait se sentir Français que si on n’était pas musulman… De la devise française Liberté, Égalité, Fraternité, les géniaux concepteurs de cette campagne n’avaient retenu  que le mot « égalité », réduit à une sinistre « uniformité »sensée sans doute  transcender le sentiment de plus en plus ressenti de  l’accroissement des inégalités. Pas étonnant qu’elle ait été un flop et ait suscité au contraire un profond ras le bol dans une large fraction de la population.

Quand j’étais revenue en France  après plusieurs années passées dans la région Pacifique, j’avais été frappée par une impression de  morosité et de sécheresse ambiantes. Le sentiment  de vivre dans un pays déprimé  n’a fait qu’empirer depuis le début des années 2000.  Et j’ai l’impression que la montée de l’individualisme,   le délitement des solidarités et les poussées d’autoritarisme pourraient être une des causes principales de cet état.

On  a quand même souvent eu le sentiment  ces dernières années, que le pays ne devrait s’en sortir  qu’en se montrant  plutôt méchant et  arrogant, et en montant les Français les uns contre les autres : Ceux qui se lèvent tôt, contre ceux qui se couchent tard, fonctionnaires contre employés du secteur privé,  banlieues populaires contre banlieues chics et centres ville yuppies , transnationaux contre Auvergnats de pères en fils,   super actifs et laborieux brandissant  le poids de leur  labeur comme un étendard contre rêveurs, fumeurs contre mâcheurs de chewing-gum, vieux contre jeunes,   etc…etc…

Et les traders de Neuilly ont beau partager la même valeur fric avec certains loulous encapuchonnés de banlieues nettement moins chics, on ne peut pas dire qu’ils se sentent solidaires les uns des autres.

En Turquie, où les solidarités restent plus fortes, mais les tensions sont aussi plus vives, notamment ces derniers temps,  un tremblement de terre de magnitude 7.2 semble réussir ce dont la classe politique se montrait incapable.

Mais pourquoi son gouvernement AKP   a-t-il   cru bon de refuser l’aide internationale qui s’était spontanément proposée en arguant que la Turquie pouvait s’en sortir seule ?  Depuis quand  accepter la solidarité internationale serait  faire preuve de faiblesse ?  Et la refuser une preuve de puissance ? Et surtout était-ce bien le moment de vouloir prouver au reste du monde qu’on serait devenu assez grand pour pouvoir se passer des autres ?

Le dernier bilan fait état de 366 tués au moins, de 1301 blessés et de 2262 bâtiments effondrés, par le séisme du 23 octobre à Van-Erçis

Ajout du 26 octobre :  La Turquie vient d’accepter l’aide internationale offerte. Il y a un besoin urgent de materiel notamment de tentes a Van. Ceux qui se sont rendus sur place parlent de chaos et désorganısation dans la distribution de l’aide aux sinistrés.  Le dernier bilan provisoire annonce plus de 460 tués.

…et 4 soldats ont ete tués par une mine vers Baskale tandis que les operations nilitaires s’intensifient. Pas de  treve des armes dans la province donc. Et apparemment sur le terrain les tensions entre AKP et BDP ont compliqué les choses.

 

 

 

 

Van une nouvelle fois meurtrie par un tremblement de terre (magnitude 7.2)

C’est cette nuit à l’aéroport d’Istanbul où j’attendais le premier vol du matin pour Diyarbakir que j’ai appris la catastrophe. Dans le café où je m’étais posée en attendant l’ouverture des comptoirs, la TV était branchée sur CNN Turk qui  en diffusait des images en boucle. Trop tôt encore pour téléphoner et prendre des nouvelles des amis qui y vivent.

http://www.youtube.com/watch?v=EouhDVgQ83c&feature=player_embedded#!

 Et impossible de situer les images de ces immeubles qui se sont affaissés comme des châteaux de sable. Ni le quartier où ils se dressaient, ni même la ville : Van ou Erçis, une ville de 100 000 habitants située au nord du lac, qui serait encore plus durement frappée que Van. Les dernières estimations estiment qu’il y aurait eu au moins 196 tués.

Depuis  j’ai pu prendre des nouvelles de quelques amis. Une amie qui vient d’avoir un bébé, il y a dix jours à peine, va bien. Mais elle et son bout de chou de fils aîné (3 ans) ont été terrifiés. La principale secousse,  ressentie jusqu’à Diyarbakir ou Batman,  aurait duré 28 secondes. Une éternité.  Elle a fui Van avec ses deux enfants pour se réfugier chez sa mère à Hakkari où je l’ai réveillée, avec mon appel. Il était 10heures largement passées, mais elle était épuisée. Son mari lui est resté à Van.

4 des footballeuses d’Hakkari étudient à Van. Une à l’université et les trois autres dont la petite Hatice, qui grandit, au lycée, en section sport-études. Elles aussi étaient  en route pour rejoindre leur famille quand j’ai appelé leur entraîneuse.

Alors que la province a été le théatre de combats extrêmement violents, ayant fait des dizaines de tués,  entre le PKK et l’armée la semaine dernière, elle  devient le refuge pour beaucoup de ceux qui l’avaient quittée pour s’installer dans la province voisine de Van. Le paradoxe n’est qu’apparent. En effet, ces combats ont épargné les villes et les populations civiles, ce qui n’a malheureusement pas  été le cas partout ces dernières semaines lors d’autres attaques.

Quelques heures plus tôt, dans l’avion qui nous conduisait à Istanbul, je conseillais à mon voisin de siège et compagnon de voyage – kurde originaire de Mus- de ne pas manquer d’aller  un jour découvrir le lac de Van qu’il n’a jamais vu. Pour moi, les plus beaux paysages de Turquie, qui pourtant n’en manque pas. Nous étions loin de nous douter alors que la région venait d’être secouée par le tremblement de terre le plus violent depuis celui d’Izmit en 1999 (au moins 20 000 morts) et que c’était ces images de désolation que je découvrirais à 3 h du matin, que la région envoyait au même moment au reste du pays et du monde.

Alors que des villages durement frappés n’auraient pas encore été atteints par les premieres équipes de secours, les évaluations du nombre de victimes ne cessent d’être revus à la hausse. Ce matin, les TV annoncent au moins 268 morts, plus de 1300  blessés et des centaines de disparus. Un bilan qui reste provisoire. Rien d’étonnant. La région a beau être une région d’intense activité simisque (en 1976 un séisme y avait fait plus de 5000 morts), les bâtiments construits selon les normes anti sismiques doivent y être rarissimes. Beaucoup ne répondent déjà  pas aux simples normes de sécurité, même lorqu’il s’agit de bâtiments publics.  Il y a quelques années, lors d’un tremblement de terre de magnitude bien moins forte,  un internat s’était effondré dans la région de Bingol. L’enquête avait bientôt révélé de graves malversations. Certains avaient choisi de s’en mettre plein les poches au détriments de la sécurité des petits ruraux hébergés dans le bâtiment. Il y avait eu des dizaines victimes parmi les enfants.

On parle à nouveau d’internats qui se seraient effondrés sur les étudiants à Ercis.

 

En ce qui concerne le bâti privé, ce doit être encore pire. Outre qu’il serait étonnant que les promoteurs soient plus honnêtes – et davantage contrôlés –  lorqu’il s’agit de logements privés, le bâti de ces villes qui ont grossi du flux de l’exode rural et de réfugiés  intérieurs ces dernières décennies,  est resté en grande partie « semi rural ». Le propriétaire construit souvent lui même sa maison auquel  il ajoute des étages au fil des années, qui deviendront le logement de ses fils, ses frères et  d’éventuels locataires.

Naturellement, toute la Turquie  se mobilise pour soutenir la région sinistrée. Des équipes de secours arrivent de toutes les villes. Des appels aux dons sont lancés. Les sinistrés ont passé une première nuit en tentant de se protéger du froid avec des feux de fortune, et on annonce des nuits glaciales dans les jours  à venir (avec des températures  négatives et l’arrivée précoce des premières neiges). Il y a un besoin urgent de tentes et de couvertures chaudes. Le Croissant rouge  a expédié plusieurs milliers de tentes dans la zone sinistrée, mais pour le moment elles sont en nombre insuffisant.

L’hôpital universitaire de Van ayant été endommagé par le séisme, m’a appris un ami qui y travaille, malades et blessés sont transportés dans les hôpitaux de Diyarbakir et Malatya, à plusieurs heures de route; par des ambulances elles aussi venues de ces villes,

Recep Tayyip Erdogan,  s’est immédiatement rendu sur place d’où il a  survolé la région sinistrée, avec plusieurs de ses ministres. Bien sûr, Selahattin Demirtas, le président du BDP, le parti kurde y était aussi.  Aujourd’hui c’est Kemal Kiliçdaroglu le chef de l’opposition CHP qui doit s’y rendre. C’est une région qu’il connait bien et qu’il affectionne lui aussi : il y a passé une partie de son enfance.

Le désastre a cependant fait quelques heureux. Un mur d’une prison s’étant effondré, 150 prisonniers en ont profité pour se faire la belle.  Ouf, comme il s’agit d’une prison de type M, aucun « terroriste » parmi eux, rassure Milliyet…(quelques assassins  et quelques trafiquants d’héroine peut-être, par contre, ce que l’article n’ajoute pas. En tout cas ce ne sont pas des mineurs émeutiers qui se sont échappés). Enfin heureux…  Que le l’on soit prisonnier de droit commun, politique, ou  libre de ses mouvements, on doit être fou d’inquiétude pour les proches dont on est séparé dans des moments pareils.

Et ce qui est certain aussi, c’est que ceux qui sortent des sinistrés des décombres, sauveteurs, voisins ou appelés,  s’en fichent complètement du curriculum  vitae de ceux qu’ils viennent ou tentent  de sauver.