France -Turquie : ça barde ! (malgré tant de bonté)

 Et c’est reparti pour un tour. Les parlementaires français qui n’avaient rien de mieux à faire sans doute, ont voté une nouvelle fois la pénalisation de la négation du génocide arménien (enfin de tous ceux qu’ils ont reconnus comme tel, si on préfère être Tartufe. Mais pour le moment ils se sont arrêtés à celui là et à  l’holocauste, dont la négation est déjà pénalisée ! Les autres ne comptent pas). Enfin les députés  qui étaient présents.  En Turquie impossible d’ignorer qu’ils n’étaient que  38 à avoir voté la loi. Tous les journaux font la UNE avec une image de l’Assemblée presque vide.   Mais on comprend ceux qui avaient préféré partir en vacances.

Et évidemment, c’est la crise avec la Turquie. Plus que jamais la France y énerve tout le monde,  même les députés du BDP, qui ajoutent  que ce n’est pas ce qui doit empêcher  la Turquie de se pencher sur son histoire. Ça fait bien les affaires de  Sarkozy cette crise. La Turquie et l’immigration, c’est toujours bon pour tenter de racoler l’électorat tenté par Marine…Par contre, je ne suis pas sûre que ça va marcher cette fois.. Je ne suis pas plus certaine que ça lui assure le vote arménien , d’autant que les socialistes font aussi dans la surenchère . En tout cas, des Arméniennes (de Marseille ) que j’ai rencontrées dernièrement, ne pouvaient pas le voir. Et leur opinion n’a certainement pas changé depuis.

Mais la  France ne veut donner de leçons à personne, assure comme d’habitude notre président, qui s’offre le luxe de s’offusquer que la Turquie se mêle des décisions d’un pays souverain. Bon, la France a le droit, elle, de légiférer sur l’histoire de la Turquie, mais c’est parce que c’est le pays des Droits de l’Homme (tiens, ça l’intéresse tout à coup les Droits de l’homme ?  ) Heureusement, il n’a pas ajouté celui de Voltaire, les Turcs se chargent de nous le rappeler. Mais bref, c’est parce que nous sommes bons, que nous avons le droit d’être arrogants.

Au moins Nicolas Sarkozy et Recep Tayyip Erdogan ont ce point commun . Ils dirigent tous les deux  des pays bons. La Turquie est bonne elle aussi.   Tayyip Erdogan conseille à Sarkozy de  se pencher  sur l’ histoire du pays, il n’y verrait que » tolérance, secours et compassion. »

En attendant, ces deux pays si plein de bonté, terminent  l’année en  s’envoyant  des massacres respectifs en pleine figure. Enfin des génocides puisque  les massacres ne comptent vraiment que s’il y a  génocide.  La guerre d’indépendance algérienne et son lot de victimes est donc requalifiée en génocide algérien, par Recep Tayyip Erdogan qui accuse même  le père de notre président d’y avoir eu une part active, puisqu’il aurait fait un passage dans la légion étrangère en…. 1940 ! Bon, il n’a pas l’air d’être plus calé en histoire que Nicolas Sarkozy , Tayyip Erdogan qui  confond  apparemment guerre d’Algérie (1954 – 1962) et 2nd guerre mondiale.  Mais il sait être  entendu par certains en Algérie (et certainement ailleurs).  Enfin au moins, pendant qu’on s’envoie les massacres du passé dans la figure, on oublie un temps ceux qui ont lieu en  Syrie, en Égypte, en Irak … et même la note AAA.

Mais ajouter des tensions supplémentaires à toutes celles qui existent déjà, ils ont eu une sacrée bonne idée pour terminer l’année nos députés, drapés dans leur posture moraliste . Bien sûr ils  ont agi, cette fois encore, avec les meilleures intentions du monde, pour le bien de l’humanité …

… Et  après eux le déluge.

 

 

 

Nicolas Sarkozy en Turquie : le maire d’Ankara mâche un chewing-gum et autres petites piques.

 sarkozy-melih-gokcek.1298739827.jpg

C’est d’une façon pour le moins glaciale que le président du G20 et de la République française a été accueilli en Turquie. Seul le maire d’Ankara Melih Gökçek, flanqué d’un adjoint du gouverneur de la région, attendait Nicolas Sarkozy sur le tarmac de l’aéroport d’Esenboga. Pas un ministre n’avait daigné se déplacer. Un protocole étonnant titre le journal Hürriyet, surtout pour un pays expert dans l’art d’accueillir ses hôtes.

 

Comme on le voit sur la vidéo du journal Milliyet (ici), l’ambiance n’était pas aux embrassades et aux manifestations de sympathie à la sortie de l’aéroport. Nicolas Sarkozy est le seul à sourire – d’un sourire que l’on sent un peu forcé quand même – et à se fendre d’un petit coucou aux caméras de télévision. Ses hôtes ont plutôt l’air de faire la tête.

 

Sur cette même vidéo, on sent notre président soulagé, quand il retrouve le toujours affable président Abdullah Gül, qu’il avait pourtant reçu avec une désinvolture affichée à Paris, lors de la Saison de la Turquie. Une désinvolture que les Turcs n’ont pas oublié. Et ce n’est pas le choix de ne faire qu’une visite éclair en Turquie qui a permis de tourner la page.

 

sarkozy-erdogan-ankara-vatan.1298740267.jpg

Les médias turcs ne lui font pas de cadeau non plus. L’image que le journal Hürriyet publiait en UNE de sa visite à Ankara sur son site Internet est impitoyable. Recep Tayyip Erdogan domine Nicolas Sarkozy de sa stature de façon impressionnante ! Pourtant Hürriyet n’est pas suspect de sympathie AKP. Mais quand le chef du gouvernement turc râle contre le président français, il n’y a  pas que ses sympathisants pour l’approuver. Ni pour se réjouir quand il domine ainsi le président français.

 

Bon ils ont du recadrer un peu l’image originale pour obtenir un effet aussi saisissant à Hürriyet. Erdogan attendait Nicolas Sarkozy sur une marche. Tayyip bey est loin d’être un gringalet, mais c’était un peu exagéré quand même.

sarkozy-erdogan-ankara-vatan-2.1298740203.jpg

 

Autre image impitoyable – en tout cas pour des lecteurs turcs, les Français ont peut-être fini par s’habituer aux mauvaises manières – celle du président français affalé dans son fauteuil lors de la brève entrevue qui a suivi avec le chef du gouvernement turc. L’image est légendée d’un “Voilà comment  Sarkozy se tenait”.  C’est vrai, qu’il en était d’un poil, qu’il mette son pied sur le fauteuil, ce qui même en France ne se fait pas quand on est invité chez des gens.

 

sarkozy-den-soguk-mesaj-1168493.1298741735.jpg

 

Heureusement, il a évité de mâcher du chewing-gum pendant la visite au mausolée d’Atatürk , comme il l’avait fait à Paris, en présence du président Turc et de sa famille, lors de l’inauguration de l’exposition Istanbul, Une ville pour deux continents et de la Saison de la Turquie.  Par contre il avait oublié de jeter celui qu’il machouillait dans l’avion lorsque Melih Gökçek, le maire d’Ankara l’a accueilli à l’aéroport. Ce dernier n’a pas apprécié.

Du coup c’est Melih Gökçek qui en mâchait un ostensiblement, lorsque il a raccompagné Nicolas Sarkozy à l’aéroport au moment de son départ, comme on le voit sur la vidéo. Et tac, moi aussi je vais te montrer que je peux être grossier avec mes invités.

Ca m’a fait rire quand j’ai vu ces images, sur lesquelles il s’applique vraiment à mâcher son chewing-gum, avec l’air d’un sale gosse tout content de faire une bêtise, le maire d’Ankara.  

 

Toute la presse turque en fait ses choux gras et plein de messages de félicitation pour le maire d’Ankara sont twittés sur le Web …Là encore on peut être sûr que certains émanaient de personnes que l’élu AKP avaient exaspéré lorsqu’il avait conseillé aux habitants d’Ankara de prier pour faire pleuvoir, lors de la sécheresse de l’été 2007.

Quand je le disais dans mon billet précédent que ça n’avait pas été apprécié en Turquie, le coup du chewing gum pendant l’expo ! Des tas de sourires c’est bien. Mais ses conseillers en communication aurait du le prévenir : surtout pas de chewing gum en Turquie !  j’ai fait ce que j’ai pu dans mon billet précédent, en avertissant qu’il fallait le jeter AVANT de descendre de l’avion. Il serait bon qu’ils comprennent qu’on trouve des infos dans les blogs, ces conseillers.

Du coup ça commence à se répandre sur le web cette histoire de chewing-gum (bonjour à tous les Tunisiens qui liront ce billet). Après les frasques de MAM puis de Boris Boillon en Tunisie, ce n’était pas vraiment le moment.

 

On peut rêver à ce qu’aurait pu être la visite du président de la République française en Turquie, au moment où les peuples de la région se soulèvent et renversent leurs vieux dictateurs, si Nicolas Sarkozy avait adopté vis à vis de ce pays une attitude plus constructive et surtout plus lucide. Avec sa proposition de relancer l’Union pour la Méditerranée (il en a parlé à Ankara, si !), il a du faire doucement sourire ses interlocuteurs.

Grand prince, Erdogan aurait quand-même offert au président français, une lettre de François premier à Soliman le Magnifique. (pour ceux qui comprennent le turc, vidéo ICI)

Bon Nicolas Sarkozy était tout même très heureux d’être venu et a promis de revenir en famille, cette fois ( Espérons qu’il pensait avec Carla et pas avec le fiston Jean, ex candidat à prendre l’ancienne place de papa à la présidence de l’EPAD). Il n’est certes jamais trop tard pour bien faire, n’empêche que plus tôt aurait été mieux.

Mais surtout, surtout qu’il renonce à ses sacrés chewing gum, la prochaine fois qu’il se rendra en Turquie, notre président.

 

 

Ouf ! Nicolas Sarkozy ne passera que quelques heures en Turquie le 25 février.

erdogan-sarkozy.1298325356.jpg

Le 25 février prochain, le président du G20 et de la République française se rendra bien en Turquie. Mais ouf ! Il ne fera qu’un passage éclair. Sa visite ne durera que cinq heures, nous rassure Zaman.fr et il n’ira qu’à Ankara. Manquerait plus que ça qu’il s’arrête à Istanbul, la capitale économique et culturelle du pays, dont le dynamisme rappelle davantage celui de New-York que celui de Paris. Mieux vaut garder le souvenir de la ville telle qu’il la découvrait peut-être à la fin des années 80, avant de se rendre en Cappadoce comme tout bon touriste qui se respecte (là non plus il ne retournera pas). Les clichés ça se cultive. Et puis il faut quand même qu’il montre aux Français, dont c’est la principale préoccupation, qu’il est toujours FERMEMENT opposé à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

 

Même si des diplomates turcs se désolent de ce que certains journaux turcs ont qualifié de  » jet visite « , les Turcs ne sont sûrement pas surpris. Sa visite en compagnie du président Gül de l’exposition phare de ce qui devait être l’Année de la Turquie, qui pour des raisons de  » Pas de Turquie dans l’UE  » avait été réduite à une simple Saison, avait duré 12 mn ! (Pourvu que cette fois il pense à jeter son chewing-gum en descendant de l’avion. Celui mâché pendant le sprint de l’exposition avait fait les titres des médias turcs ! Cette fois ça risquerait de se répéter aussi jusqu’ en Tunisie). Il faut dire que les expos et les échanges culturels, ce n’est pas vraiment sa tasse de thé.. C’est juste bon à montrer qu’il n’est pas content, comme avec l’Année du Mexique.

Au moins, en une visite de cinq heures à Ankara, il n’aura pas le temps de se taper le magnifique musée hittite. Ses hôtes turcs réussiront peut-être à trouver le temps de l’emmener faire un saut à Anitkabir, le mausolée d’Atatürk, passage obligé de tout chef d’État en visite officielle (mais il ne s’agit que d’une « visite de travail), histoire d’épargner un nouvel incident diplomatique à la France.  Les dégâts, ça  suffit peut-être pour le moment. Croisons les doigts pour le chewing gum au mausolée du fondateur de la République de Turquie, parce qu’on n’y couperait pas. 

 

Carla ne sera pas du voyage titre Milliyet. Les Turcs qui trouvent que c’est une belle femme (combien de fois n’ai je pas entendu « mais il a une belle femme »), seront peut-être un peu déçus pour le coup. Il faut dire qu’Ankara, n’est pas une ville particulièrement romantique. Et les artistes ou les créateurs de mode, c’est à Istanbul qu’ils se trouvent, où il faut un peu plus de cinq heures pour les dénicher, même avec l’aide d’un bon guide.

Le président français trouvera peut-être 5 minutes dans l’avion pour se faire expliquer l’importance des échanges économiques entre la France et la Turquie, et s’étonner de leur volume (même si cela aurait pu être beaucoup mieux) , ironise Hurriyet Daily news. Et peut-être trouvera-t-il 5 minutes supplémentaires lors du trajet en voiture,  pour recevoir quelques éclaircissements sur la façon dont la Turquie appréhende les actuels développements de la région…où ça bouge pas mal, comme chacun l’a remarqué. Et tout le monde (enfin toute personne moyennement attentive) a aussi remarqué l’intensité de l’action diplomatique turque en direction de cette même région ces dernières années.

 

Il n’aura certainement pas le temps par contre de rencontrer des entrepreneurs turcs présents depuis un bon bout de temps sur le marché irakien. Investisseurs qui  n’ont pas eu besoin d’un ambassadeur super héros, leur préparant  des beaux voyages organisés dans Bagdad , pour participer à la reconstruction du pays et pour goûter au fameux gâteau de » 600 Milliards de dollars » tant vanté par cet ambassadeur français VRP de choc, qui vient de prendre ses fonctions avec brio en Tunisie. Ils accueillent même leurs associés irakiens à Istanbul et dans leur ville de province. Cet été, la petite ville de Tatvan, sur le bord du lac de Van, dans l’est anatolien, recevait  une délégation d’hommes d’affaires irakiens venus de Bagdad. Ils ont du se faire plutôt rares ces dernières années dans les villes de province françaises, les hommes d’affaires de cet eldorado irakien.

 

C’est une autre façon de faire du commerce qui ne marche pas mal, puisque la Turquie est un des premiers investisseurs en Irak avec les Etats Unis et la Chine – le premier hors investissements pétroliers. Et  sans qu’aucun ambassadeur survitaminé n’ait senti le besoin de claironner que l’invasion américaine était une super bonne idée, quand tout le monde avait enfin compris que ça ne l’était pas tellement…

Mais peut-être vaut-il mieux qu’il n’ait  pas le temps de prendre  conscience de cette dure réalité. Comme l’écrit le journaliste d’Hurriyet, apprécions le verre (de raki !) à moitié plein, c’est déjà bien que le président français, se fende d’ une visite en Turquie, même en tant que président du G20. Inutile qu’il ait en plus un coup en blues en réalisant qu’en Irak, les investisseurs turcs ( enfin de Turquie, je ne voudrais pas vexer quelques copains kurdes qui bossent à Bagdad sans se déplacer dans des fourgons ultra sécurisés ) sont bien meilleurs que les Français.

Et puis au moins en cinq heures, il aura le prétexte du manque de temps pour ne pas avoir à vendre une nouvelle fois  son fameux projet d’Union pour la Méditerranée à la Turquie. Pas très vendable par les temps qui courent…

Ouf, heureusement que cette visite ne durera que cinq heures. On imagine la galère qu’elle serait,  si elle devait durer 10 heures.

 

Etrange accueil pour le président turc à Paris.

De Byzance à Istanbul, un port sur deux continents

 

Abdullah Gül, le président du pays le plus vilipendé dans les rassemblements de l’UMP  effectue une visite de trois jours en France.

Comme le rappelle le journal le Monde, c’est pour éviter qu’en pleine campagne pour les élections  européennes,  elle n’apparaisse comme une faille dans l’intransigeance de notre président, ostensiblement allergique à la candidature de la Turquie à l’UE, que l’Année de la Turquie avait été rabiotée de plusieurs mois. Elle est réduite à une simple Saison qui se clôtura en mars, en pleines élections régionales en France.

Mais personne n’irait imaginer que l’accueil un tantinet glacial réservé au chef de l’État invité pourrait avoir  pour objectif de caresser l’électorat français dans le sens de sa xénophobie. Madame Merkel, pourtant elle aussi opposée à l’entrée de la Turquie dans l’UE, vient de conserver sa fonction de chancelière allemande sans avoir eu besoin d’afficher qu’elle faisait la tête au premier ministre turc lorsqu’il était en visite officielle. Et on peut sérieusement douter que ses positions contre l’adhésion de la Turquie suffisent à  expliquer sa popularité près de ses compatriotes.

Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan

Le moment phare de cette visite devait être l’inauguration au Grand Palais de l’exposition qui s’annonce superbe (je ne l’ai pas encore vue) : « de Byzance à Istanbul, une ville pour deux continents ». Côté organisateurs turcs, plus de 30 journalistes avaient été conviés. Mais tout ce joli monde, Turcs comme leurs confrères français, a été prié de rester à l’écart pendant le sprint de 12 minutes qu’a duré la visite. Qui sait, certains d’entre eux pourraient avoir la mauvaise idée de ressortir éblouis par la riche histoire de la ville et réaliser combien celle-ci est liée à celle du reste de l’Europe. Hélas, Byzance, n’est pas en Cappadoce. Ça aurait été plus pratique. La visite officielle aurait pu se réduire aux salles qui lui auraient été consacrées.

Et puis, sait-on jamais, le raffinement du président turc  pourrait faire naître un peu de nostalgie chez certains mauvais esprits. Jusqu’ici les chefs d’État  français  avaient l’habitude de laisser  une trace de leur passage par un musée  ou une grande bibliothèque. Depuis le ton a changé et on a appris que pour appartenir à une grande civilisation, il suffirait de s’afficher catholique, manger du porc et boire de la bière . C’est du moins ce dont certains sont persuadés . Du coup le président turc ne remplit aucun critère. Contrairement à nombre de ses compatriotes, ce n’est pas le genre à s’offrir une petite bière Efes – ce qui constitue  au moins un point commun  avec son homologue français.

Au cours d’un déjeuner de travail qui, comme c’est la coutume, se serait correctement passé, selon le porte parole de l’Elysée (pas de conférence de presse non plus), le président français aurait chaleureusement félicité la Turquie pour sa politique de détente avec l’Arménie. Mais heureusement que Charles Aznavour était présent à Zurich où les accords qui devraient permettre de normaliser les relations entre les deux pays viennent d’être signés et qu’il ne cachait pas son plaisir d’y être.  On aurait du mal sinon à croire  à l’enthousiasme français. Espérons qu’en Afghanistan, les troupes turques et françaises se considèrent comme  alliées, plutôt qu' »amies ». La situation y est suffisamment tendue comme ça.

En tout cas les hommes d’affaires français se comportent en hommes d’affaires. Les entreprises françaises sont devenues les premiers investisseurs en Turquie , et on apprend que ça devrait continuer. Au moins dans le domaine du nucléaire, l’Allemagne ne devrait pas nous faire trop de concurrence. Reste que pour Areva ce n’est pas gagné .

 

Tour Eiffel illuminée

Paris avait quand même fait un geste. Pour l’occasion .la Tour Eiffel était illuminée des couleurs de la Turquie. Mais selon le quotidien turc Today’s Zaman, l’Elysée aurait fait pression sur la mairie de Paris, si bien que les illuminations prévues pour  plusieurs semaines  ne dureront que  6 jours. C’était aussi  la durée, 6 jours, de la visite d’un chef d’Etat considéré, lui, vrai ami de la France.

Le président turc l’a finalement échappé belle. Si son pays avait été fait partie de ces privilégiés, il aurait peut-être découvert une tente yoruk plantée devant sa résidence et des danseuses orientales se trémoussant à l’entrée du Grand Palais.